Un petit coup de gueule :
 
j’en ai un peu marre de voir des profs limite “excuser” le gouvernement avec ce qui se passe en ce moment dans les écoles. Considérer qu’on en fait trop, que ce virus n est plus là, voire n a jamais existé, qu’on regarde trop BFM, qu’il faut se calmer, que les enfants ne sont pas contaminants, qu’il faut bien que les écoles restent ouvertes etc.
Alors je vais vous raconter un bout de ma vie.
 
En avril 2020, ma sœur, 31 ans, a attrapé la COVID. Quelques semaines difficiles avec difficultés respiratoires. Puis hospitalisation, double embolie pulmonaire. Elle était enceinte. Elle a perdu son bébé à 5 mois de grossesse. Nous sommes en septembre, elle n’est toujours pas remise et commence tout juste à pouvoir marcher de la chambre à la cuisine sans faire de malaise.
Ma fille, 9 ans, attrape la COVID début juillet (pile le dernier jour d’école mais elle a sûrement été contaminée à l’extérieur hein bien évidemment). S’en suivent de longues semaines douloureuses. Puis, un problème à l’estomac qui ne se vidange plus. Elle ne peut plus manger ni gluten, ni laitages, ni gras. Tout est contrôlé, ce qu’elle mange, à quelle heure elle mange. Elle est sous médicament et pèse moins de 20 kg. Les RDV médecins gastropédiatre, hôpitaux sont notre quotidien. Chaque soir elle pleure en me disant qu’elle voudrait retrouver sa vie d’avant. Chaque nuit, elle pleure de douleurs.
 
Donc à ceux qui disent qu’on en fait trop,moi je dis qu’on en fait pas assez. C’est bien de ne pas mourir du COVID, on est très content. Mais ce n’est pas une grippette, les COVID longs sont très nombreux et beaucoup ne vivent plus normalement ensuite.
 
Ce qui se passe dans l’EN est une honte. Une centaine d’enseignants contaminée par jour selon Blanquer mais tout va bien. L’école devient le premier cluster. Alors désolée d’avoir étalé mais vie mais pour certains, ouvrez les yeux. Nous devons réclamer des solutions dignes et non pas tomber les uns après les autres pour un gouvernement qui n’en a strictement rien à foutre de ses profs.
 
 
 
Témoignage de Lucile

Je suis PE dans une école de 7 classes.

Aujourd’hui, mon amie, ma collègue n’est pas venue travailler…elle craque… après 4 semaines de cours… (Je m’inquiète pour elle).

Aujourd’hui mon directeur m’avoue que si sa fille n’était pas dans l’établissement, il ne trouverait pas la force d’aller bosser… (Je suis triste pour lui).

Ce soir en partant de l’école une autre collègue me dit que dès que ses enfants seront grands, autonomes elle arrêtera de se battre… (Je m’inquiète pour elle car j’ai peur de comprendre ce message à peine dissimulé…).

Ce soir une PE stagiaire part à 20h passées de l’école et me dit qu’elle doit se dépêcher pour aller chercher du matériel de numération qu’elle a payé avec son propre argent avant que le magasin ne ferme à 21h… que non elle ne prendra pas le raccourci par ma classe car elle doit repasser par sa classe pour prendre un gros sac de corrections et qu’elle doit encore bosser sa journée de demain… (Je m’inquiète pour elle, je sais qu’elle ne tiendra pas longtemps, même si elle a toujours le sourire !).

Ce soir, une collègue d’une autre école, m’appelle en larme et me dit qu’elle a envie de sauter par la fenêtre, à 2 ans de la retraite. (Je m’inquiète pour elle).

Ce soir, les 2 PES de l’école, qui viennent de province, trop pauvres pour prétendre à un logement HLM de la ville, vont faire 1h30 de route pour rejoindre leur hôtel. (Je suis en colère pour eux …).

Ce soir je suis rentrée à 20h30 passées… Avec 20 ans d’expérience, je prépare ma classe toujours aussi consciencieusement, même si demain peut être, mon ordinateur ne fonctionnera pas correctement, comme tous les autres jours et que je devrai improviser avec mon double niveau et que toutes ces préparations n’auront servies à rien…

Je m’inquiète pour moi car je fatigue, me remplis de colère et d’aigreur face à ce métier que j’aime pourtant…

Faisons les comptes… 2 enseignants sur 7 à peu près vaillants dans mon école ? J ai peur…

 

Publication anonyme

         Depuis mercredi dernier, j’ai un nouveau collègue. C’est une excellente nouvelle car il accompagne un jeune qui en a bien besoin. Dimanche, il a eu la gentillesse et l’honnêteté de me prévenir, ainsi que le lycée, qu’il était cas contact COVID en attente de test. Mercredi, hier quoi, il a prévenu de la même façon qu’il était positif et que les médecins évaluent à vendredi sa ” contagiosité ” comme importante.
 
Aujourd’hui, je suis au lycée avec les élèves qui ont été tous en contact avec lui. D’autres personnes l’ont été plus ou moins. Nous c’était seulement 4h dans la même salle avec nos célèbres DIM sans distanciation possible.
Nous attendons donc selon le protocole de l’Éducation Nationale que l’ARS et le rectorat décident de la conduite à tenir. J’ai donc fait cours normalement sans prévenir les familles puisque tout ce que j’écris là, n’est pas la version officielle… zéro nouvelle!
 
Mes élèves sont allés en inclusion dans 6 classes différentes et j’ai participé à une plénière avec mes 70 collègues. Je ne compte pas les personnes que j’ai croisé dans les couloirs, la salle de photocopies ou la salle des profs. Mes jeunes prennent les transports en commun et vont dans leurs familles bien sûr.
 
On ferme des restos, on diffuse des spots télévisuels terriblement culpabilisants, on limite les groupes, on serre la vis partout faisant porter à tout un chacun une responsabilité personnelle écrasante dans la hausse des chiffres, mais que font nos institutions quand, clairement, simplement, honnêtement, un cas est signalé?
 
Je ne me sens pas en danger, je ne flippe pas excessivement, je dois comme tous apprendre à vivre avec ce virus mais je me sens vraiment méprisée quand, en même temps, on m’impose et on m’expose!
 
L’éducation nationale avec son petit million de profs et ses quelques 12 millions d’élèves… c’est un cinquième de la population française qui est livrée à l’incurie… sans compter les proches que, pour rappel et rabâchage permanent, quand on les aime, on ne s’en approche pas! 
 
Alors je suis furieuse, révoltée, en colère, défiante et accusatrice. On nous met sciemment en danger !
 
 
 
 
 
Merci Marie pour ton texte

(source service-public.fr)

Publié le 21 août 2020 sur le site service-public.fr – Direction de l’information légale et administrative (Premier ministre)

À partir de quel âge le port du masque sera-t-il obligatoire pour les élèves ? Quelles seront les règles de distanciation dans les cours de récréation et dans les salles de classe ? L’accès aux jeux extérieurs sera-t-il possible ? Le ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse a établi un nouveau protocole sanitaire qui précise les modalités applicables à la rentrée scolaire 2020 dans les écoles, les collèges et les lycées dans un cadre sanitaire normal. En cas de dégradation de la situation justifiant des restrictions d’accueil ou des fermetures, un plan de continuité pédagogique a été diffusé.

La rentrée aura lieu le 1er septembre. Un assouplissement du protocole sanitaire a été décidé dans les établissements scolaires dans le respect des prescriptions émises par le ministère des Solidarités et de la Santé et par un avis du Haut Conseil de la santé publique du 7 juillet 2020 . Cependant, une évolution a été annoncée dans une allocution du ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse 20 août 2020 au soir : la règle sur le port du masque a été durcie. Le masque devra être porté par tous, professeurs ou élèves, dès l’âge de 11 ans dans les espaces clos même lorsqu’une distance physique d’un mètre est respectée.

Les mesures s’adressent aux élèves comme aux personnels. Leur application doit tenir compte du contexte propre à chaque établissement.

La distanciation physique

  • Dans les espaces clos, la distanciation physique n’est plus obligatoire lorsqu’elle n’est pas matériellement possible ou qu’elle ne permet pas d’accueillir la totalité des élèves. Cette règle concerne tous les espaces clos : salles de classe, ateliers, bibliothèques, réfectoires, cantines, internats…
  • Dans les espaces extérieurs comme les cours de récréation, la distanciation physique ne s’applique pas non plus. Si la configuration des salles de classe ne permet pas de respecter la distanciation physique d’au moins un mètre, l’espace est organisé de manière à maintenir la plus grande distance possible entre les élèves, et les enfants de plus de 11 ans doivent porter un masque dans la classe.

  À savoir : Les parents d’élèves s’engagent à ne pas envoyer un enfant en classe en cas de fièvre (38° C ou plus) ou en cas d’apparition de symptômes évoquant le Covid-19 chez lui ou dans la famille.

 

Le port du masque

  • Pour les élèves des écoles maternelles : il est à proscrire.
  • Pour les élèves des écoles élémentaires : il n’est pas recommandé, mais des masques sont à disposition pour les enfants présentant des symptômes dans l’attente de leur départ de l’école.
  • Pour les collégiens et lycéens : il est obligatoire dans les espaces clos même lorsqu’une distanciation d’un mètre est respectée.
  • Pour les personnels : il est obligatoire en école primaire, en collège et en lycée même quand la distanciation d’au moins un mètre est garantie.

Dans la dernière version du protocole diffusée, il n’était pas obligatoire pour les élèves à partir de 11 ans à l’extérieur et en classe lorsqu’une distanciation d’un mètre était garantie et que les élèves étaient placés face à face ou côte à côte et à l’extérieur. Il n’était pas non plus obligatoire pour les personnels enseignants à une distance d’au moins un mètre des élèves.

  À savoir : Il appartient aux parents de fournir des masques à leurs enfants.

 

Les gestes barrière

Les gestes barrière doivent être appliqués en permanence :

  • se laver très régulièrement les mains ;
  • tousser ou éternuer dans son coude ou dans un mouchoir ;
  • utiliser un mouchoir à usage unique et le jeter ;
  • saluer sans se serrer la main, éviter les embrassades.

Le lavage des mains à l’eau et au savon doit être réalisé :

  • à l’arrivée dans l’établissement ;
  • avant chaque repas ;
  • avant et après les récréations ;
  • après être allé aux toilettes ;
  • le soir avant de rentrer chez soi ou dès l’arrivée au domicile.

Il peut s’effectuer sans mesure de distance physique.

 

La limitation du brassage des élèves

La limitation du brassage entre classes et groupes d’élèves n’est plus obligatoire.

Cependant, le déroulement de la journée et des activités scolaires est organisé pour limiter les regroupements et les croisements importants. Les arrivées et départs sont particulièrement étudiés pour limiter au maximum les regroupements d’élèves et/ou de parents. Les personnels et les élèves de plus de 11 ans portent un masque durant leurs déplacements.

 

La désinfection des locaux et matériels

  • L’accès aux jeux, aux bancs et espaces collectifs extérieurs est désormais autorisé.
  • Des objets partagés au sein d’une même classe ou d’un même groupe peuvent être mis à disposition : ballons, jouets, livres, jeux, journaux, dépliants réutilisables, crayons, etc.
  • Un nettoyage des sols et des grandes surfaces (tables, bureaux) est réalisé au minimum une fois par jour, ainsi qu’une désinfection des surfaces les plus fréquemment touchées par les élèves et les personnels dans tous les espaces communs (les poignées de portes, par exemple).
  • Les tables du réfectoire sont nettoyées et désinfectées après chaque service.

  À noter : La direction des établissements, avec l’appui des services académiques et de la collectivité de rattachement, établissent un plan de communication et de formation détaillé pour informer et impliquer les élèves, leurs parents et les membres du personnel dans la limitation de la propagation du virus.

  Attention : Dans l’hypothèse où les conditions sanitaires imposeraient le retour à un protocole sanitaire plus strict ou à des fermetures d’établissements scolaires, le ministère a également préparé un plan de continuité pédagogique . Ce plan contient à la fois des consignes sur l’organisation des locaux et des ressources pour l’enseignement numérique à distance. Le recours à un enseignement hybride qui alternerait les classes virtuelles et les cours à distance est évoqué.

 
 

 

education.gouv.fr/protocole-sanitaire-des-ecoles-et-etablissements-scolaires-annee-scolaire-2020-2021-305630

à utiliser avec des fléchettes dans la salle des maîtres ça peut être pédagogiquement rigolo -réalisé par Daniela Fidanza (merci Daniela)-

Zone A
Académies de Besançon, Bordeaux, Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble, Limoges, Lyon, Poitiers

Zone B
Académies d’Aix-Marseille, Amiens, Lille, Nancy-Metz, Nantes, Nice, Normandie, Orléans-Tours, Reims, Rennes, Strasbourg

Zone C
Académies de Créteil, Montpellier, Paris, Toulouse, Versailles

 

En complément, le vrai calendrier scolaire officiel du ministère des feignasses :

https://www.education.gouv.fr/calendrier-scolaire-100148?fbclid=IwAR2f2UwuaGa67fcIpLyDF7HzRcWndbkLB6zfesUxRBJplkbPZXggBOYrnQo

 

Il est devenu compliqué de mobiliser les troupes enseignantes afin de les pousser à la révolte, alors même que leur statut régresse d’année en année, en harmonie parfaite avec leur pouvoir d’achat et la considération populaire à leur égard.

J’ai l’impression que les personnels enseignants se sont accoutumés à une certaine forme de maltraitance. Souvent, les enfants maltraités n’ont aucune conscience de l’anormalité de leur situation, ils s’imaginent qu’elle est équivalente à …celle des autres enfants, et il est très compliqué de se mettre à distance de sa propre réalité afin de l’entrevoir avec une saine objectivité.

Car oui, je pense que l’analogie avec la maltraitance est pertinente. L’enseignant est sous-traité, sous-considéré, sous payé. Mais il finit par trouver sa situation parfaitement normale, puisque la société lui martelle inlassablement qu’il est un privilégié, que la sécurité de l’emploi l’écarte de tout aléa professionnel. (D’ailleurs, mais c’est un autre débat : peut-on encore VRAIMENT parler de sécurité de l’emploi quand on sait qu’un enseignant est envoyé à l’autre bout de la France, souvent dans les régions les plus coûteuses au niveau de l’immobilier, sans espoir d’un retour rapide parmi ses proches ? Qu’il subit une pression permanente des chefs d’établissement, des inspecteurs, des politiciens, des réformes, et de plus en plus, des élèves ?)

Un semblant de syndrome de Stockholm s’est pourtant développé chez l’enseignant qui, las et parfois honteux d’espérer une revalorisation, s’estime chanceux et reconnaissant à l’égard d’une institution qui le malmène. Parce qu’après tout, il n’est pas le plus à plaindre, il a les vacances, il n’est pas à la rue.De la même manière qu’un enfant maltraité aura une reconnaissance aveugle à l’égard de ses géniteurs, l’enseignant manifeste une réelle gratitude à l’égard d’un système qui a pourtant enfanté ses souffrances. Et bercé par la routine, par ces petites souffrances confortablement installées, il ne semble plus avoir le recul nécessaire pour réaliser qu’une telle dévalorisation de sa profession et souvent même de sa personne n’est pas une chose NORMALE.
M’est avis qu’avant de lutter pour convaincre les familles, les politiciens et la société entière des fondements de notre révolte, ce sont d’abord les enseignants eux-mêmes que nous devrons convaincre de la légitimité de leur cri ; eux qui n’ont même plus l’envie d’espérer un murmure.

par Yo

 

Écrasée comme une mouche.
577 députés nommés à l’assemblée nationale. Le texte qui crée les établissements publics des savoirs fondamentaux a été voté à 35 contre 7.
La Loi Blanquer (il avait juré ses grands dieux qu’il ne ferait pas de réforme. Et en fait c’est vrai. Il ne fait pas de réforme, il passe l’éducation nationale au broyeur pour la modeler à sa main (aux intérêts des entreprises) au détriment du bien être de l’enfant. Feu l’éducation nationale, vive l’éducation Blanquer !) a entériné cet amendement sur “l’école du socle”.
Il y a beaucoup à dire, et à redire, sur la loi Blanquer.
Mais dire ne servira à rien si l’on n’agit pas… Si l’on ne réagit pas.
Les établissements publics des savoirs fondamentaux qui ont été créés le sont sur le cadavre des écoles primaires actuelles.
Concrètement le but est de regrouper les écoles autour d’un collège.
D’annexer les écoles au collège.
Une école ne sera plus qu’une portion d’un grand établissement auquel elle sera attachée. Attachée.
Il n’y aura plus de directeur/directrice d’école.
Il y aura un chef d’établissement, au collège.
Les actuels directeurs/directrices d’écoles qui se battaient pour voir mieux reconnaître leur métier, mieux valoriser leur travail se verront, au mieux, attribuer le titre de directeur adjoint.
Adjoint-e.
Donc quand l’adjoint-e arrivera à l’école et qu’il/elle constatera que l’accès est verglacé et dangereux il/elle en référera à son chef d’établissement (qui appellera, ou fera appeler la mairie qui appellera les services techniques), si le chauffage a disjoncté dans la nuit il/elle en référera à son chef d’établissement (qui appellera, ou fera appeler la mairie qui appellera les services techniques).
Si à l’ouverture de la grille un parent est tracassé par ce qui est arrivé à son enfant lors de la récréation de la cantine hier, cherche le bonnet/la veste/la toupie/le crayon quatre couleur doré/etc de son enfant, se fait du soucis parce que sa situation familiale, professionnelle peut avoir des répercutions sur son enfant, n’est pas content parce que son enfant à trop/pas assez/mal écrit/pas compris les devoirs, qui va gérer? Qui va prendre cinq, dix minutes pour désamorcer la crise, pour rassurer le parent? L’adjoint-e?
Quand un enfant aura dépassé les bornes, la collègue excédée l’enverra illico dans le bureau de l’adjoint-e? Aura t-il/elle seulement encore un bureau? Cela aura t-il un quelconque poids?
Quand, il manquera 5 élèves à l’appel c’est la secrétaire du collège qui appellera les parents qui n’ont pas prévenu de l’absence?
Quand l’ambulancier, viendra chercher Lola, ou Joseph, ou Gaspard, qui aller au CMPP, chez la psychologue, au centre de soin, quand la mamie, la nounou, la voisine viendra chercher Bernard, ou Caroline, ou Samira qui a vomi, a de la fièvre, s’est ouvert l’arcade sourcilière, qui leur ouvrira la porte? Les aiguillera?
Quand un enfant témoignera de violences, aura des traces de coups, c’est le chef d’établissement qui prendra les choses en mains? Qui ira témoigner chez les gendarmes? Sans jamais avoir seulement croisé l’enfant et ses parents?
Quand un-e collège sera fatigué-e, usé-e, démoralisé-e c’est le chef d’établissement qui va offrir son épaule? C’est lui qui fera l’animation d’équipe? Qui en assurera la cohésion? De loin, de son bureau au collège?
Quel sera le respect accordé aux enseignants et à l’adjoint-e par les partenaires, mairie, association de parents, partenaires culturels et sportifs si l’autorité n’est plus représentée que par un-e adjoint-e?
Quand les collègues décideront d’un projet, élaboreront une organisation, prépareront une sortie, une fête, une porte ouverte, un décloisonnement c’est le chef d’établissement qui décidera? Jusque là c’était discuté, décidé en conseil des maîtres. De façon démocratique. En concertation. Le/la directeur/directrice n’est pas le supérieur hiérarchique de ses collègues. Le/la directeur/directrice n’était pas là pour juger, évaluer ses collègues. Un chef d’établissement le sera.
Il pourra gérer son stock d’enseignants.
Et comme l’établissement comprendra plusieurs écoles les effectifs seront calculés de façon globale. Tant d’élèves divisés par tant de profs, peut importe comment ils sont répartis, et hop, on rationalise, on supprime des postes.

577 députés nommés à l’assemblée nationale. Le texte qui crée les établissements publics des savoirs fondamentaux a été voté à 35 contre 7.
Merci aux 7.

Je suis écœurée. Je suis désolée. Blanquer a tué mon métier comme on écrase une mouche.

A gérer l’éducation nationale comme on gère une entreprise on déshumanise l’enseignement et l’on robotise nos élèves. L’école n’aura plus vocation à former des citoyens éclairés, mais de parfaits petits soldats, de la chair à usine, qui fonctionnent sans réfléchir et obéissent sans protester aux ordres venus de l’élite pour servir l’élite. Cette maltraitance programmée va t-elle, enfin, faire réagir l’opinion?

par Anne

 

Bonnes gens ayez confiance!

L’assemblée nationale est au chevet de l’éducation nationale.

Et des mesures fortes ont été votées.

Que les enseignants se garderont bien de critiquer puisque l’article premier de la loi sur l’école de la confiance leur impose de ne rien dire qui pourrait porter atteinte à la réputation du service public.

Nul doute que la réputation du service public d’enseignement soit sauvé par les drapeaux (et carte de France?) imposés dans toutes les classes. Nul doute que le sang impur collé sur les murs des classes rendra à l’éducation nationale son lustre d’antan.

Parce qu’il s’agit bien de cela, n’est pas?

Caresser le bon peuple dans le sens de la seule direction à prendre, celle qui rend l’école responsable de tous les maux de la société actuelle.

La mal bouffe, les grossesses précoces, l’homophobie, les poubelles non triées, les attentats, les casseurs , les dealeurs, les chômeurs, les glandeurs, les profiteurs (ceux qui vivent des aloc, bien sûr, pas ceux qui vivent des dividendes) l’école n’a pas fait son boulot.

C’était bien avant. On avait le sens des valeurs et celui de sa valeur.

Chacun à sa place. L’élite guidée vers les grandes écoles, le peuple vers les usines.

Les drapeaux qui vont désormais flotter vont donner aux enseignants l’assise et l’autorité nécessaire pour éviter que nos élèves ne se fourvoient sur les ronds points en chantant la marseillaise de façon dévoyée.

Les drapeaux vont sauver l’école.

Nul besoin pour les enseignants de mettre la réputation de l’institution en danger. Elle va sombrer toute seule. La pente est bien savonnée:

Point d’indice et salaire bloqué, au ras du plancher européen, dissimulés sous des heures supplémentaires imposées pour les profs (destruction de postes), inexistantes pour les professeurs des écoles.

Temps de travail toujours plus lourd, évaluations chronophage et nocives, l’éducation en statistiques. Effet d’annonces et mise au pas des professeurs: seule la méthode scientifique est la bonne et haro sur les “fantaisies” pédagogiques. Le ministre invente, quasi chaque jour, le fil à couper le beurre et le fait savoir à grand renfort de communication de presse.

Classes surchargées bien cachées derrière l’annonce en grande pompe de quelques CP et CE1 dédoublés.

Réforme du lycée pour bien canaliser chacun à sa place.

Parcoursup pour bien aiguiller vers les filières privées.

Bonnes gens ayez confiance!

L’assemblée nationale est au chevet de l’éducation nationale.

Et des mesures fortes ont été votées.

Certaines ne sont pas passées, comme c’est dommage! Bien sûr imposer un dress code plus rigoureux aux profs aurait été marquant! Ils sont si mal attifés…

Heureusement, maintenant ils ont des drapeaux!

 

Par Anne