C’est la période des vœux.
Enfin d’habitude c’est la période des vœux.
Mais cette année on ne va pas se mentir c’est compliqué.
Alors j’ai écrit ce texte.

2020 mais barre toi, barre toi vite, ne dis pas au revoir, juste barre toi!
Tu n’as pas compris? On ne peut pas te saquer!
Tu nous a saoulés, mais à un point, je crois que tu n’imagines pas.
On regrette de t’avoir connue.
On n’aurait jamais dû te laisser entrer.
C’est tout nous ça!
Je ne fais pas ma drama mais franchement t’es vraiment une connasse.

Ah tu t’es bien marrée!
Quand on a fait la fête pour ton arrivée.
D’accord on avait un gros doute mais comme des cons on a quand même fait la bamboche.

Quand tu nous a balancé ton virus au nom pourri.
On t’imagine très bien: “tiens je vais ajouter un peu de ci, un peu de ça, non tiens, beaucoup de ça, ils ne pourront plus respirer, c’est trop marrant! Oh et puis je vais leur enlever le goût et l’odorat, génial ! »

Quand tu l’as répandu partout.
Quand tu t’es dit “Oh putain ça dépasse mes espérances, ils n’ont pas de masques ces cons! »

Quand on a cessé de s’embrasser, de se toucher.
Quand tu as fait de chacun de nous une menace pour les autres.

Quand on a été confinés.
Tu jubilais hein d’être arrivée à ça?
Tous enfermés.

Quand on a dû signer nos propres autorisations de déplacement pour sortir de chez nous.
Là tu as dû choper un hoquet en t’étranglant de rire.

Quand les hôpitaux ont été saturés.
Quand on a applaudi nos soignants débordés.
On te connaît maintenant, on sait que tu as pensé “mais qu’ils sont cons, ils n’avaient rien, mais rien prévu!”

Quand on nous a déconfinés.
Masqués.
Hydroalcoolisés.

Quand on a pu un peu retrouver nos proches, nos familles, nos amis, sous le soleil d’été.
On est sûrs maintenant que tu rigolais , tant tu peaufinais la suite.

Quand en septembre on nous a dit que les écoles, collèges, lycées rouvraient.
Que les enfants n’étaient pas contaminants.
Avec un protocole pourri.
Comme tu as dû trouver ça jouissif!
Oh la bonne poilade que tu t’es payée quand tu as vu tous les profs arriver masqués, même en maternelle, dans des classes bondées.

Quand on a eu le couvre-feu.
On t’imagine hurler de bonheur « Rentrez chez vous! C’est fini la bamboche! »

Quand tu as armé le bras d’un barbare pour qu’il décapite un prof.
Enseigner la liberté d’expression, inconcevable pour toi n’est ce pas, espèce d’ordure?

Quand tu t’es dit “tiens je vais masquer aussi les enfants. Rien à foutre! »

Quand on a été reconfinés.
Là tu t’es dit « Bingo! Encore, encore!»

Quand tu as soufflé au gouvernement le terme « commerce non essentiel », balayant avec mépris les petits au profit des gros.

Quand tu as réussi à faire fermer les librairies, les cinés, les théâtres, claquant la porte à la culture.

Quand tu as fermé les restaurants.
La convivialité, la bonne bouffe, ça ne te parlait pas hein?

Quand tu as laissé croire pour quelques heures que Trump avait gagné.
C’est bien la seule fois où on t’a baisée.

Quand tu as balancé tes ouragans , tes tempêtes, tes inondations, tes incendies, tes tremblements de terre.
On n’était même plus surpris, tu es tellement prévisible.

Quand on a annoncé un vaccin et que tu t’es dit qu’on étaient tellement cons qu’on n’en voudraient pas.

Et j’en oublie tellement, tant tu as répandu le seum partout.

Même là, au dernier moment, ton baroud d’honneur, mutation de virus, tempête Bella, tremblement de terre…

Alors nous y voilà, quoique tu fasses, tu es virée.
Dégage!
Va crever.

Oh tu sais on n’est plus dupes de rien.
On sait que tu danses de joie à l’idée de nous envoyer ta sœur.

Alors avant qu’elle arrive , j’ai quelque chose à lui dire:
2021 écoute moi bien.

Tu ne me retourneras pas.
Tu ne me feras pas haïr mes amis musulmans parce que des barbares sans foi ni loi voudraient faire croire qu’ils sont des leurs.

Tu ne me feras pas non plus détester mes amis, juifs, chrétiens, athées, noirs, LGBT, que sais-je, je les respecte et les aime.
En fait tu ne me feras détester personne, même pas les cons.
Mais pour autant tu ne me trouveras jamais du côté de ceux qui se sentent offensés pour tout et n’importe quoi.

Non tu ne me retourneras pas.
Tu n’auras pas ma haine des autres qui en pousse tant vers des idéologies puantes.

Tu ne me retourneras pas.
Tu ne m’empêcheras pas de penser, de réfléchir et de chercher à comprendre, tu ne m’obligeras jamais à croire le dernier qui a parlé ou celui qui crie le plus fort.

Tu ne me retourneras pas.
Tu ne m’enlèveras pas le sens de l’humour, rempart indispensable contre le désespoir.

Tu ne me retourneras pas.
2020 a essayé.
Elle a cru me faire mal, elle ignore qu’elle m’a fait grandir.
Que je chéris encore plus ma famille, mes amis, mes valeurs, mes convictions.
Que j’ai appris à mieux me connaître.

Tu ne me retourneras pas.
Quand tu arriveras, tu me trouveras gonflée de la colère et du chagrin que ta sœur a semés, mais tu me trouveras debout.

Tiens, je partage avec toi mon mantra:
« Le chemin est le même, qu’on le fasse en pleurant ou qu’on le fasse en riant. » (emprunt à Henri Brunel).
Alors tu vois, j’essaierai encore et encore de le faire en riant.
Tu ne me retourneras pas.
Je ne chavirerai pas.

Et tu ne m’empêcheras jamais, entends moi bien, JAMAIS, de vouloir à l’infini, pour ma famille, mes amis, mes collègues, et tous les autres, d’ici et d’ailleurs, le retour des sourires, des retrouvailles, des embrassades, des étreintes, des câlins, des danses, des fêtes, des repas de famille, des soirées entre amis, des cafés en terrasse, des dîners au restau, des voyages, des sorties au ciné, des spectacles, des promenades en liberté, et qu’enfin notre vie d’avant redonne du goût à notre vie d’après.

 

Par Marilyn Buisson

Le 31 décembre 2020

Visiblement, pour ce Grenelle, le principal problème dans l’éducation ce sont les profs eux même !


On ne les invite pas, ou très peu, uniquement ceux dont on sait qu’ils ne sont pas critiques…
On laisse les syndicats enseignants élus en extrême minorité face à des gens venus d’un peu tous les secteurs d’activités, désignés sans aucune représentativité…
On met en avant un discours d’autosatisfaction en le faisant passer par une prof que l’on dit “lambda” mais qui est en fait IAIPR et adhérente LAREM…

Et maintenant un soit disant “serment” !

Parceque, bien sûr, les enseignants doivent jurer devant la nation qu’ils vont se saigner aux quatre veines pour donner toujours plus à leurs élèves? 


Ils ne le démontrent pas depuis des années où ils font toujours plus avec moins?


Ils ne le démontrent pas en payant sur leurs deniers leurs matériels informatiques ou de bureau et souvent même de classe ?


Ils ne démontrent pas tous les jours en assurant les missions d’infirmier, de psychologue, d’assistante sociale et parfois même de police devant l’école ?


Ils ne le démontrent pas quand ils sont encore là malgré les promesses de “revalorisation salariale historique” alors que 70 % de la profession n’aura quasiment rien et que la hiérarchie va elle percevoir plusieurs milliers d’euros annuel en plus ?


Il ne le démontrent pas en étant au front quand on leur explique, au mépris de nombreuses études internationales, que le virus, qui oblige à confiner la société toute entière, ne touche que peu les écoles et que donc, avec un simple masque en tissu, ils peuvent aller enseigner, des heures durant, enfermés dans des salles de 40m2 mal aérées avec 30 élèves ?


Ils le démontrent pas quand, chaque année, on remplace des postes d’enseignants par des heures supplémentaires imposées et qui surchargent de travail des enseignants déjà excédés ?


Ils ne le démontrent pas en démissionnant toujours plus nombreux chaque année, dégoûtés des conditions de travail qu’on leurs réserve, malgré l’investissement fait dans des années d’études et un concours exigent ?


Ils ne le démontrent pas quand nombre d’entre eux y laissent la santé, et même la vie, pour tenter de pallier aux manques toujours plus criants d’une administration toujours plus exigeante ?

Ils ne démontrent donc pas leur implication et leur attachement au service public d”éducation à un point tel qu’on veut leurs faire prêter serment pour qu’ils jurent qu’ils vont le faire ?


Quel mépris, encore une fois, pour toute une profession !

Par Nik Tik

source : https://www.education.gouv.fr/grenelle-de-l-education-compte-rendu-d-atelier-revalorisation-seance-4-reconnaissance-308154

 

Prologue

Nous te saluons, camarade, nous tes amis, tes frères et soeurs de classes préparatoires, de l’université, des premiers pas dans le métier de professeur d’histoire et de géographie.

Le 15 janvier 1888, dans La Dépêche de Toulouse, Jean-Jaurès écrit « Aux instituteurs et institutrices », quelques conseils pour que les élèves apprennent à être autonomes, à réfléchir, à se forger une opinion – conseils auxquels, Samuel, tu as été fidèle :

Extraits

« Vous tenez en vos mains l’intelligence et l’âme des enfants ; vous êtes responsables de la patrie. Les enfants qui vous sont confiés n’auront pas seulement à écrire et à déchiffrer une lettre, à lire une enseigne au coin d’une rue, à faire une addition et une multiplication. Ils sont français et ils doivent connaître la France, sa géographie et son histoire : son corps et son âme. Ils seront citoyens et ils doivent savoir ce qu’est une démocratie libre, quels droits leur confère, quels devoirs leur impose la souveraineté de la nation. Enfin, ils seront Hommes et il faut qu’ils aient une idée de l’Homme, il faut qu’ils sachent quelle est la racine de toutes nos misères : l’égoïsme aux formes multiples ; [il faut qu’ils sachent] quel est le principe de notre grandeur : la fierté unie à la tendresse. (…) Il faut leur montrer la grandeur de la pensée ; il faut leur enseigner le respect et le culte de l’âme en éveillant en eux le sentiment de l’infini qui est notre joie, et aussi notre force, car c’est par lui que nous triompherons du mal, de l’obscurité et de la mort. (…)

 Sachant bien lire, l’écolier, qui est très curieux, aurait bien vite, avec sept ou huit livres choisis, une idée, très générale il est vrai, mais très haute de l’espèce humaine, de la structure du monde, de l’histoire propre de la Terre dans le monde, du rôle propre de la France dans l’humanité. Le maître doit intervenir pour aider ce premier travail de l’esprit ; il n’est pas nécessaire qu’il dise beaucoup, qu’il fasse de longues leçons ; il suffit que tous les détails qu’il leur donnera concourent nettement à un tableau d’ensemble. De ce que l’on sait de l’Homme  primitif à l’Homme d’aujourd’hui, quelle prodigieuse transformation ! Et comme il est aisé à l’instituteur [et au professeur], en quelques traits, de faire sentir à l’enfant l’effort inouï de la pensée humaine. (…) Je dis donc aux maîtres [et aux professeurs], pour me résumer : lorsque d’une part vous aurez appris aux enfants à lire à fond, et lorsque d’autre part, en quelques causeries familières et graves, vous leur aurez parlé des grandes choses qui intéressent la pensée et la conscience humaine, vous aurez fait sans peine, en quelques années, fait œuvre complète d’éducateurs. Dans chaque intelligence, il y aura un sommet, et ce jour-là, bien des choses changeront. »

Adieu Samuel.

 

 

Par Christophe Capuano, ami de Samuel

 
 
À Samuel Paty
 
Je dois tellement à l’école, à mes professeurs.
Toute mon enfance, ce lieu de savoir et d’émancipation était tenu en haute estime par mes parents.
L’école, ils n’avaient pas pu s’y rendre enfants (ou trop peu) et ils en payaient le prix. C’est une certitude, leurs enfants leur rendraient justice, qu’ils le veuillent ou non ! 
J’ai très vite expérimenté qu’il était peine perdue de chercher soutien auprès d’eux lorsque je m’aventurais à critiquer la décision de mon enseignant.
Dans leur esprit, Ils avaient sanctuarisé l’école au même titre que la mosquée et nous l’ont bien signifié à mes frères et sœurs !
 
J’ai en mémoire un épisode précis de ma scolarité.
En classe de CE2 nous avions étudié la reproduction. Comme nombre de familles de culture musulmane, nous n’évoquions jamais ces sujets-là jugés « impudiques ». Dieu permettait toute chose et notamment la naissance d’un enfant. Cette explication elliptique m’était donnée avec comme message subliminal de ne pas trop les questionner à l’avenir sur la thématique. Je me souviens de ma gêne extrême en classe et de mon trouble au moment de devoir apprendre mes leçons dans la perspective de l’évaluation.
Fébrile et à la fois curieux de connaître la réaction de mon père quand il apprendrait que désormais “je sais” , je lui ai fait part de ma consternation qu’on nous ait appris cela à l’école et que je me faisais un devoir de boycotter le contrôle !
Reconnaissant, je pense, envers l’éducation nationale de lui avoir évité l’embarras de traiter du sujet avec moi, mon père m’a regardé puis m’a simplement indiqué que si c’était au programme et bien je me devais d’apprendre parfaitement ma leçon et qu’il attendait avec impatience ma note !
J’ai alors compris ce jour que croyance et savoir ne s’opposaient pas. Bien au contraire, ils communiquaient, s’interrogeaient, s’enrichissaient.
 
J’ai pu ainsi tout au long de mes (longues) années d’études, densifier ma pensée, gagner en autonomie, m’arracher aux déterminismes sociaux et schémas de pensée prédéfinis.
Aujourd’hui enseignant, je mesure chaque jour ma responsabilité et la confiance qui m’est témoignée par l’institution scolaire et les parents d’élèves.
J’ai coutume de dire que nos élèves sont nos principaux « collègues de travail ». C’est un privilège, vraiment ! Rares sont les professions où chaque matin (ou presque), vos collègues vous sautent dans les bras à leur arrivée, vous offre leurs sourires rayonnants et portent sur vous un regard mêlé de respect, d’attente et d’affection.
Toutefois, les journées sont denses, âpres, exténuantes parfois.
Face au défi d’accueillir chaque élève dans sa singularité, il nous faut nous réinventer, penser des axes de travail ludiques et originaux, contre balancer les tensions, apaiser les souffrances.
Malgré tout, parce que le parcours scolaire d’un élève est semé d’embûches, on est parfois pris d’une immense lassitude, enclin à l’agacement et au découragement quand ce qui a été construit patiemment avec lui semble s’écrouler.
Et pourtant, nous gardons le cap, remobilisons nos forces et poursuivons ce puissant travail de fond : celui d’éduquer des générations d’enfants.
 
Au lendemain du terrible l’attentat perpétré à Conflans-Sainte-Honorine ayant coûté la vie au collègue Samuel Paty, j’éprouve comme tous les français et notamment les français musulmans, oui tous ! (Les quelques scélérats qui ont pu justifier sur les réseaux sociaux, l’infâme, l’irréversible, ne sont que misère) j’éprouve une profonde douleur, une profonde tristesse, une profonde fatigue. Je sais hélas que notre participation active à construire une société apaisée, solidaire, respectueuse est mise en doute. Toutefois, l’enseignant que je suis, habitué à faire, sans savoir que c’est impossible, se relève déjà conscient que l’arbre qui tombe fera toujours plus de bruit que la forêt qui pousse.
 
 
Par Sufyan Ibn Mohammed
 
 
 
 

 
Un petit coup de gueule :
 
j’en ai un peu marre de voir des profs limite “excuser” le gouvernement avec ce qui se passe en ce moment dans les écoles. Considérer qu’on en fait trop, que ce virus n est plus là, voire n a jamais existé, qu’on regarde trop BFM, qu’il faut se calmer, que les enfants ne sont pas contaminants, qu’il faut bien que les écoles restent ouvertes etc.
Alors je vais vous raconter un bout de ma vie.
 
En avril 2020, ma sœur, 31 ans, a attrapé la COVID. Quelques semaines difficiles avec difficultés respiratoires. Puis hospitalisation, double embolie pulmonaire. Elle était enceinte. Elle a perdu son bébé à 5 mois de grossesse. Nous sommes en septembre, elle n’est toujours pas remise et commence tout juste à pouvoir marcher de la chambre à la cuisine sans faire de malaise.
Ma fille, 9 ans, attrape la COVID début juillet (pile le dernier jour d’école mais elle a sûrement été contaminée à l’extérieur hein bien évidemment). S’en suivent de longues semaines douloureuses. Puis, un problème à l’estomac qui ne se vidange plus. Elle ne peut plus manger ni gluten, ni laitages, ni gras. Tout est contrôlé, ce qu’elle mange, à quelle heure elle mange. Elle est sous médicament et pèse moins de 20 kg. Les RDV médecins gastropédiatre, hôpitaux sont notre quotidien. Chaque soir elle pleure en me disant qu’elle voudrait retrouver sa vie d’avant. Chaque nuit, elle pleure de douleurs.
 
Donc à ceux qui disent qu’on en fait trop,moi je dis qu’on en fait pas assez. C’est bien de ne pas mourir du COVID, on est très content. Mais ce n’est pas une grippette, les COVID longs sont très nombreux et beaucoup ne vivent plus normalement ensuite.
 
Ce qui se passe dans l’EN est une honte. Une centaine d’enseignants contaminée par jour selon Blanquer mais tout va bien. L’école devient le premier cluster. Alors désolée d’avoir étalé mais vie mais pour certains, ouvrez les yeux. Nous devons réclamer des solutions dignes et non pas tomber les uns après les autres pour un gouvernement qui n’en a strictement rien à foutre de ses profs.
 
 
 
Témoignage de Lucile

Je suis PE dans une école de 7 classes.

Aujourd’hui, mon amie, ma collègue n’est pas venue travailler…elle craque… après 4 semaines de cours… (Je m’inquiète pour elle).

Aujourd’hui mon directeur m’avoue que si sa fille n’était pas dans l’établissement, il ne trouverait pas la force d’aller bosser… (Je suis triste pour lui).

Ce soir en partant de l’école une autre collègue me dit que dès que ses enfants seront grands, autonomes elle arrêtera de se battre… (Je m’inquiète pour elle car j’ai peur de comprendre ce message à peine dissimulé…).

Ce soir une PE stagiaire part à 20h passées de l’école et me dit qu’elle doit se dépêcher pour aller chercher du matériel de numération qu’elle a payé avec son propre argent avant que le magasin ne ferme à 21h… que non elle ne prendra pas le raccourci par ma classe car elle doit repasser par sa classe pour prendre un gros sac de corrections et qu’elle doit encore bosser sa journée de demain… (Je m’inquiète pour elle, je sais qu’elle ne tiendra pas longtemps, même si elle a toujours le sourire !).

Ce soir, une collègue d’une autre école, m’appelle en larme et me dit qu’elle a envie de sauter par la fenêtre, à 2 ans de la retraite. (Je m’inquiète pour elle).

Ce soir, les 2 PES de l’école, qui viennent de province, trop pauvres pour prétendre à un logement HLM de la ville, vont faire 1h30 de route pour rejoindre leur hôtel. (Je suis en colère pour eux …).

Ce soir je suis rentrée à 20h30 passées… Avec 20 ans d’expérience, je prépare ma classe toujours aussi consciencieusement, même si demain peut être, mon ordinateur ne fonctionnera pas correctement, comme tous les autres jours et que je devrai improviser avec mon double niveau et que toutes ces préparations n’auront servies à rien…

Je m’inquiète pour moi car je fatigue, me remplis de colère et d’aigreur face à ce métier que j’aime pourtant…

Faisons les comptes… 2 enseignants sur 7 à peu près vaillants dans mon école ? J ai peur…

 

Publication anonyme

         Depuis mercredi dernier, j’ai un nouveau collègue. C’est une excellente nouvelle car il accompagne un jeune qui en a bien besoin. Dimanche, il a eu la gentillesse et l’honnêteté de me prévenir, ainsi que le lycée, qu’il était cas contact COVID en attente de test. Mercredi, hier quoi, il a prévenu de la même façon qu’il était positif et que les médecins évaluent à vendredi sa ” contagiosité ” comme importante.
 
Aujourd’hui, je suis au lycée avec les élèves qui ont été tous en contact avec lui. D’autres personnes l’ont été plus ou moins. Nous c’était seulement 4h dans la même salle avec nos célèbres DIM sans distanciation possible.
Nous attendons donc selon le protocole de l’Éducation Nationale que l’ARS et le rectorat décident de la conduite à tenir. J’ai donc fait cours normalement sans prévenir les familles puisque tout ce que j’écris là, n’est pas la version officielle… zéro nouvelle!
 
Mes élèves sont allés en inclusion dans 6 classes différentes et j’ai participé à une plénière avec mes 70 collègues. Je ne compte pas les personnes que j’ai croisé dans les couloirs, la salle de photocopies ou la salle des profs. Mes jeunes prennent les transports en commun et vont dans leurs familles bien sûr.
 
On ferme des restos, on diffuse des spots télévisuels terriblement culpabilisants, on limite les groupes, on serre la vis partout faisant porter à tout un chacun une responsabilité personnelle écrasante dans la hausse des chiffres, mais que font nos institutions quand, clairement, simplement, honnêtement, un cas est signalé?
 
Je ne me sens pas en danger, je ne flippe pas excessivement, je dois comme tous apprendre à vivre avec ce virus mais je me sens vraiment méprisée quand, en même temps, on m’impose et on m’expose!
 
L’éducation nationale avec son petit million de profs et ses quelques 12 millions d’élèves… c’est un cinquième de la population française qui est livrée à l’incurie… sans compter les proches que, pour rappel et rabâchage permanent, quand on les aime, on ne s’en approche pas! 
 
Alors je suis furieuse, révoltée, en colère, défiante et accusatrice. On nous met sciemment en danger !
 
 
 
 
 
Merci Marie pour ton texte

(source service-public.fr)

Publié le 21 août 2020 sur le site service-public.fr – Direction de l’information légale et administrative (Premier ministre)

À partir de quel âge le port du masque sera-t-il obligatoire pour les élèves ? Quelles seront les règles de distanciation dans les cours de récréation et dans les salles de classe ? L’accès aux jeux extérieurs sera-t-il possible ? Le ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse a établi un nouveau protocole sanitaire qui précise les modalités applicables à la rentrée scolaire 2020 dans les écoles, les collèges et les lycées dans un cadre sanitaire normal. En cas de dégradation de la situation justifiant des restrictions d’accueil ou des fermetures, un plan de continuité pédagogique a été diffusé.

La rentrée aura lieu le 1er septembre. Un assouplissement du protocole sanitaire a été décidé dans les établissements scolaires dans le respect des prescriptions émises par le ministère des Solidarités et de la Santé et par un avis du Haut Conseil de la santé publique du 7 juillet 2020 . Cependant, une évolution a été annoncée dans une allocution du ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse 20 août 2020 au soir : la règle sur le port du masque a été durcie. Le masque devra être porté par tous, professeurs ou élèves, dès l’âge de 11 ans dans les espaces clos même lorsqu’une distance physique d’un mètre est respectée.

Les mesures s’adressent aux élèves comme aux personnels. Leur application doit tenir compte du contexte propre à chaque établissement.

La distanciation physique

  • Dans les espaces clos, la distanciation physique n’est plus obligatoire lorsqu’elle n’est pas matériellement possible ou qu’elle ne permet pas d’accueillir la totalité des élèves. Cette règle concerne tous les espaces clos : salles de classe, ateliers, bibliothèques, réfectoires, cantines, internats…
  • Dans les espaces extérieurs comme les cours de récréation, la distanciation physique ne s’applique pas non plus. Si la configuration des salles de classe ne permet pas de respecter la distanciation physique d’au moins un mètre, l’espace est organisé de manière à maintenir la plus grande distance possible entre les élèves, et les enfants de plus de 11 ans doivent porter un masque dans la classe.

  À savoir : Les parents d’élèves s’engagent à ne pas envoyer un enfant en classe en cas de fièvre (38° C ou plus) ou en cas d’apparition de symptômes évoquant le Covid-19 chez lui ou dans la famille.

 

Le port du masque

  • Pour les élèves des écoles maternelles : il est à proscrire.
  • Pour les élèves des écoles élémentaires : il n’est pas recommandé, mais des masques sont à disposition pour les enfants présentant des symptômes dans l’attente de leur départ de l’école.
  • Pour les collégiens et lycéens : il est obligatoire dans les espaces clos même lorsqu’une distanciation d’un mètre est respectée.
  • Pour les personnels : il est obligatoire en école primaire, en collège et en lycée même quand la distanciation d’au moins un mètre est garantie.

Dans la dernière version du protocole diffusée, il n’était pas obligatoire pour les élèves à partir de 11 ans à l’extérieur et en classe lorsqu’une distanciation d’un mètre était garantie et que les élèves étaient placés face à face ou côte à côte et à l’extérieur. Il n’était pas non plus obligatoire pour les personnels enseignants à une distance d’au moins un mètre des élèves.

  À savoir : Il appartient aux parents de fournir des masques à leurs enfants.

 

Les gestes barrière

Les gestes barrière doivent être appliqués en permanence :

  • se laver très régulièrement les mains ;
  • tousser ou éternuer dans son coude ou dans un mouchoir ;
  • utiliser un mouchoir à usage unique et le jeter ;
  • saluer sans se serrer la main, éviter les embrassades.

Le lavage des mains à l’eau et au savon doit être réalisé :

  • à l’arrivée dans l’établissement ;
  • avant chaque repas ;
  • avant et après les récréations ;
  • après être allé aux toilettes ;
  • le soir avant de rentrer chez soi ou dès l’arrivée au domicile.

Il peut s’effectuer sans mesure de distance physique.

 

La limitation du brassage des élèves

La limitation du brassage entre classes et groupes d’élèves n’est plus obligatoire.

Cependant, le déroulement de la journée et des activités scolaires est organisé pour limiter les regroupements et les croisements importants. Les arrivées et départs sont particulièrement étudiés pour limiter au maximum les regroupements d’élèves et/ou de parents. Les personnels et les élèves de plus de 11 ans portent un masque durant leurs déplacements.

 

La désinfection des locaux et matériels

  • L’accès aux jeux, aux bancs et espaces collectifs extérieurs est désormais autorisé.
  • Des objets partagés au sein d’une même classe ou d’un même groupe peuvent être mis à disposition : ballons, jouets, livres, jeux, journaux, dépliants réutilisables, crayons, etc.
  • Un nettoyage des sols et des grandes surfaces (tables, bureaux) est réalisé au minimum une fois par jour, ainsi qu’une désinfection des surfaces les plus fréquemment touchées par les élèves et les personnels dans tous les espaces communs (les poignées de portes, par exemple).
  • Les tables du réfectoire sont nettoyées et désinfectées après chaque service.

  À noter : La direction des établissements, avec l’appui des services académiques et de la collectivité de rattachement, établissent un plan de communication et de formation détaillé pour informer et impliquer les élèves, leurs parents et les membres du personnel dans la limitation de la propagation du virus.

  Attention : Dans l’hypothèse où les conditions sanitaires imposeraient le retour à un protocole sanitaire plus strict ou à des fermetures d’établissements scolaires, le ministère a également préparé un plan de continuité pédagogique . Ce plan contient à la fois des consignes sur l’organisation des locaux et des ressources pour l’enseignement numérique à distance. Le recours à un enseignement hybride qui alternerait les classes virtuelles et les cours à distance est évoqué.

 
 

 

education.gouv.fr/protocole-sanitaire-des-ecoles-et-etablissements-scolaires-annee-scolaire-2020-2021-305630

à utiliser avec des fléchettes dans la salle des maîtres ça peut être pédagogiquement rigolo -réalisé par Daniela Fidanza (merci Daniela)-

Zone A
Académies de Besançon, Bordeaux, Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble, Limoges, Lyon, Poitiers

Zone B
Académies d’Aix-Marseille, Amiens, Lille, Nancy-Metz, Nantes, Nice, Normandie, Orléans-Tours, Reims, Rennes, Strasbourg

Zone C
Académies de Créteil, Montpellier, Paris, Toulouse, Versailles

 

En complément, le vrai calendrier scolaire officiel du ministère des feignasses :

https://www.education.gouv.fr/calendrier-scolaire-100148?fbclid=IwAR2f2UwuaGa67fcIpLyDF7HzRcWndbkLB6zfesUxRBJplkbPZXggBOYrnQo