2020 casse toi !

C’est la période des vœux.
Enfin d’habitude c’est la période des vœux.
Mais cette année on ne va pas se mentir c’est compliqué.
Alors j’ai écrit ce texte.

2020 mais barre toi, barre toi vite, ne dis pas au revoir, juste barre toi!
Tu n’as pas compris? On ne peut pas te saquer!
Tu nous a saoulés, mais à un point, je crois que tu n’imagines pas.
On regrette de t’avoir connue.
On n’aurait jamais dû te laisser entrer.
C’est tout nous ça!
Je ne fais pas ma drama mais franchement t’es vraiment une connasse.

Ah tu t’es bien marrée!
Quand on a fait la fête pour ton arrivée.
D’accord on avait un gros doute mais comme des cons on a quand même fait la bamboche.

Quand tu nous a balancé ton virus au nom pourri.
On t’imagine très bien: “tiens je vais ajouter un peu de ci, un peu de ça, non tiens, beaucoup de ça, ils ne pourront plus respirer, c’est trop marrant! Oh et puis je vais leur enlever le goût et l’odorat, génial ! »

Quand tu l’as répandu partout.
Quand tu t’es dit “Oh putain ça dépasse mes espérances, ils n’ont pas de masques ces cons! »

Quand on a cessé de s’embrasser, de se toucher.
Quand tu as fait de chacun de nous une menace pour les autres.

Quand on a été confinés.
Tu jubilais hein d’être arrivée à ça?
Tous enfermés.

Quand on a dû signer nos propres autorisations de déplacement pour sortir de chez nous.
Là tu as dû choper un hoquet en t’étranglant de rire.

Quand les hôpitaux ont été saturés.
Quand on a applaudi nos soignants débordés.
On te connaît maintenant, on sait que tu as pensé “mais qu’ils sont cons, ils n’avaient rien, mais rien prévu!”

Quand on nous a déconfinés.
Masqués.
Hydroalcoolisés.

Quand on a pu un peu retrouver nos proches, nos familles, nos amis, sous le soleil d’été.
On est sûrs maintenant que tu rigolais , tant tu peaufinais la suite.

Quand en septembre on nous a dit que les écoles, collèges, lycées rouvraient.
Que les enfants n’étaient pas contaminants.
Avec un protocole pourri.
Comme tu as dû trouver ça jouissif!
Oh la bonne poilade que tu t’es payée quand tu as vu tous les profs arriver masqués, même en maternelle, dans des classes bondées.

Quand on a eu le couvre-feu.
On t’imagine hurler de bonheur « Rentrez chez vous! C’est fini la bamboche! »

Quand tu as armé le bras d’un barbare pour qu’il décapite un prof.
Enseigner la liberté d’expression, inconcevable pour toi n’est ce pas, espèce d’ordure?

Quand tu t’es dit “tiens je vais masquer aussi les enfants. Rien à foutre! »

Quand on a été reconfinés.
Là tu t’es dit « Bingo! Encore, encore!»

Quand tu as soufflé au gouvernement le terme « commerce non essentiel », balayant avec mépris les petits au profit des gros.

Quand tu as réussi à faire fermer les librairies, les cinés, les théâtres, claquant la porte à la culture.

Quand tu as fermé les restaurants.
La convivialité, la bonne bouffe, ça ne te parlait pas hein?

Quand tu as laissé croire pour quelques heures que Trump avait gagné.
C’est bien la seule fois où on t’a baisée.

Quand tu as balancé tes ouragans , tes tempêtes, tes inondations, tes incendies, tes tremblements de terre.
On n’était même plus surpris, tu es tellement prévisible.

Quand on a annoncé un vaccin et que tu t’es dit qu’on étaient tellement cons qu’on n’en voudraient pas.

Et j’en oublie tellement, tant tu as répandu le seum partout.

Même là, au dernier moment, ton baroud d’honneur, mutation de virus, tempête Bella, tremblement de terre…

Alors nous y voilà, quoique tu fasses, tu es virée.
Dégage!
Va crever.

Oh tu sais on n’est plus dupes de rien.
On sait que tu danses de joie à l’idée de nous envoyer ta sœur.

Alors avant qu’elle arrive , j’ai quelque chose à lui dire:
2021 écoute moi bien.

Tu ne me retourneras pas.
Tu ne me feras pas haïr mes amis musulmans parce que des barbares sans foi ni loi voudraient faire croire qu’ils sont des leurs.

Tu ne me feras pas non plus détester mes amis, juifs, chrétiens, athées, noirs, LGBT, que sais-je, je les respecte et les aime.
En fait tu ne me feras détester personne, même pas les cons.
Mais pour autant tu ne me trouveras jamais du côté de ceux qui se sentent offensés pour tout et n’importe quoi.

Non tu ne me retourneras pas.
Tu n’auras pas ma haine des autres qui en pousse tant vers des idéologies puantes.

Tu ne me retourneras pas.
Tu ne m’empêcheras pas de penser, de réfléchir et de chercher à comprendre, tu ne m’obligeras jamais à croire le dernier qui a parlé ou celui qui crie le plus fort.

Tu ne me retourneras pas.
Tu ne m’enlèveras pas le sens de l’humour, rempart indispensable contre le désespoir.

Tu ne me retourneras pas.
2020 a essayé.
Elle a cru me faire mal, elle ignore qu’elle m’a fait grandir.
Que je chéris encore plus ma famille, mes amis, mes valeurs, mes convictions.
Que j’ai appris à mieux me connaître.

Tu ne me retourneras pas.
Quand tu arriveras, tu me trouveras gonflée de la colère et du chagrin que ta sœur a semés, mais tu me trouveras debout.

Tiens, je partage avec toi mon mantra:
« Le chemin est le même, qu’on le fasse en pleurant ou qu’on le fasse en riant. » (emprunt à Henri Brunel).
Alors tu vois, j’essaierai encore et encore de le faire en riant.
Tu ne me retourneras pas.
Je ne chavirerai pas.

Et tu ne m’empêcheras jamais, entends moi bien, JAMAIS, de vouloir à l’infini, pour ma famille, mes amis, mes collègues, et tous les autres, d’ici et d’ailleurs, le retour des sourires, des retrouvailles, des embrassades, des étreintes, des câlins, des danses, des fêtes, des repas de famille, des soirées entre amis, des cafés en terrasse, des dîners au restau, des voyages, des sorties au ciné, des spectacles, des promenades en liberté, et qu’enfin notre vie d’avant redonne du goût à notre vie d’après.

 

Par Marilyn Buisson

Le 31 décembre 2020

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