C’est la période des vœux.
Enfin d’habitude c’est la période des vœux.
Mais cette année on ne va pas se mentir c’est compliqué.
Alors j’ai écrit ce texte.

2020 mais barre toi, barre toi vite, ne dis pas au revoir, juste barre toi!
Tu n’as pas compris? On ne peut pas te saquer!
Tu nous a saoulés, mais à un point, je crois que tu n’imagines pas.
On regrette de t’avoir connue.
On n’aurait jamais dû te laisser entrer.
C’est tout nous ça!
Je ne fais pas ma drama mais franchement t’es vraiment une connasse.

Ah tu t’es bien marrée!
Quand on a fait la fête pour ton arrivée.
D’accord on avait un gros doute mais comme des cons on a quand même fait la bamboche.

Quand tu nous a balancé ton virus au nom pourri.
On t’imagine très bien: “tiens je vais ajouter un peu de ci, un peu de ça, non tiens, beaucoup de ça, ils ne pourront plus respirer, c’est trop marrant! Oh et puis je vais leur enlever le goût et l’odorat, génial ! »

Quand tu l’as répandu partout.
Quand tu t’es dit “Oh putain ça dépasse mes espérances, ils n’ont pas de masques ces cons! »

Quand on a cessé de s’embrasser, de se toucher.
Quand tu as fait de chacun de nous une menace pour les autres.

Quand on a été confinés.
Tu jubilais hein d’être arrivée à ça?
Tous enfermés.

Quand on a dû signer nos propres autorisations de déplacement pour sortir de chez nous.
Là tu as dû choper un hoquet en t’étranglant de rire.

Quand les hôpitaux ont été saturés.
Quand on a applaudi nos soignants débordés.
On te connaît maintenant, on sait que tu as pensé “mais qu’ils sont cons, ils n’avaient rien, mais rien prévu!”

Quand on nous a déconfinés.
Masqués.
Hydroalcoolisés.

Quand on a pu un peu retrouver nos proches, nos familles, nos amis, sous le soleil d’été.
On est sûrs maintenant que tu rigolais , tant tu peaufinais la suite.

Quand en septembre on nous a dit que les écoles, collèges, lycées rouvraient.
Que les enfants n’étaient pas contaminants.
Avec un protocole pourri.
Comme tu as dû trouver ça jouissif!
Oh la bonne poilade que tu t’es payée quand tu as vu tous les profs arriver masqués, même en maternelle, dans des classes bondées.

Quand on a eu le couvre-feu.
On t’imagine hurler de bonheur « Rentrez chez vous! C’est fini la bamboche! »

Quand tu as armé le bras d’un barbare pour qu’il décapite un prof.
Enseigner la liberté d’expression, inconcevable pour toi n’est ce pas, espèce d’ordure?

Quand tu t’es dit “tiens je vais masquer aussi les enfants. Rien à foutre! »

Quand on a été reconfinés.
Là tu t’es dit « Bingo! Encore, encore!»

Quand tu as soufflé au gouvernement le terme « commerce non essentiel », balayant avec mépris les petits au profit des gros.

Quand tu as réussi à faire fermer les librairies, les cinés, les théâtres, claquant la porte à la culture.

Quand tu as fermé les restaurants.
La convivialité, la bonne bouffe, ça ne te parlait pas hein?

Quand tu as laissé croire pour quelques heures que Trump avait gagné.
C’est bien la seule fois où on t’a baisée.

Quand tu as balancé tes ouragans , tes tempêtes, tes inondations, tes incendies, tes tremblements de terre.
On n’était même plus surpris, tu es tellement prévisible.

Quand on a annoncé un vaccin et que tu t’es dit qu’on étaient tellement cons qu’on n’en voudraient pas.

Et j’en oublie tellement, tant tu as répandu le seum partout.

Même là, au dernier moment, ton baroud d’honneur, mutation de virus, tempête Bella, tremblement de terre…

Alors nous y voilà, quoique tu fasses, tu es virée.
Dégage!
Va crever.

Oh tu sais on n’est plus dupes de rien.
On sait que tu danses de joie à l’idée de nous envoyer ta sœur.

Alors avant qu’elle arrive , j’ai quelque chose à lui dire:
2021 écoute moi bien.

Tu ne me retourneras pas.
Tu ne me feras pas haïr mes amis musulmans parce que des barbares sans foi ni loi voudraient faire croire qu’ils sont des leurs.

Tu ne me feras pas non plus détester mes amis, juifs, chrétiens, athées, noirs, LGBT, que sais-je, je les respecte et les aime.
En fait tu ne me feras détester personne, même pas les cons.
Mais pour autant tu ne me trouveras jamais du côté de ceux qui se sentent offensés pour tout et n’importe quoi.

Non tu ne me retourneras pas.
Tu n’auras pas ma haine des autres qui en pousse tant vers des idéologies puantes.

Tu ne me retourneras pas.
Tu ne m’empêcheras pas de penser, de réfléchir et de chercher à comprendre, tu ne m’obligeras jamais à croire le dernier qui a parlé ou celui qui crie le plus fort.

Tu ne me retourneras pas.
Tu ne m’enlèveras pas le sens de l’humour, rempart indispensable contre le désespoir.

Tu ne me retourneras pas.
2020 a essayé.
Elle a cru me faire mal, elle ignore qu’elle m’a fait grandir.
Que je chéris encore plus ma famille, mes amis, mes valeurs, mes convictions.
Que j’ai appris à mieux me connaître.

Tu ne me retourneras pas.
Quand tu arriveras, tu me trouveras gonflée de la colère et du chagrin que ta sœur a semés, mais tu me trouveras debout.

Tiens, je partage avec toi mon mantra:
« Le chemin est le même, qu’on le fasse en pleurant ou qu’on le fasse en riant. » (emprunt à Henri Brunel).
Alors tu vois, j’essaierai encore et encore de le faire en riant.
Tu ne me retourneras pas.
Je ne chavirerai pas.

Et tu ne m’empêcheras jamais, entends moi bien, JAMAIS, de vouloir à l’infini, pour ma famille, mes amis, mes collègues, et tous les autres, d’ici et d’ailleurs, le retour des sourires, des retrouvailles, des embrassades, des étreintes, des câlins, des danses, des fêtes, des repas de famille, des soirées entre amis, des cafés en terrasse, des dîners au restau, des voyages, des sorties au ciné, des spectacles, des promenades en liberté, et qu’enfin notre vie d’avant redonne du goût à notre vie d’après.

 

Par Marilyn Buisson

Le 31 décembre 2020

Visiblement, pour ce Grenelle, le principal problème dans l’éducation ce sont les profs eux même !


On ne les invite pas, ou très peu, uniquement ceux dont on sait qu’ils ne sont pas critiques…
On laisse les syndicats enseignants élus en extrême minorité face à des gens venus d’un peu tous les secteurs d’activités, désignés sans aucune représentativité…
On met en avant un discours d’autosatisfaction en le faisant passer par une prof que l’on dit “lambda” mais qui est en fait IAIPR et adhérente LAREM…

Et maintenant un soit disant “serment” !

Parceque, bien sûr, les enseignants doivent jurer devant la nation qu’ils vont se saigner aux quatre veines pour donner toujours plus à leurs élèves? 


Ils ne le démontrent pas depuis des années où ils font toujours plus avec moins?


Ils ne le démontrent pas en payant sur leurs deniers leurs matériels informatiques ou de bureau et souvent même de classe ?


Ils ne démontrent pas tous les jours en assurant les missions d’infirmier, de psychologue, d’assistante sociale et parfois même de police devant l’école ?


Ils ne le démontrent pas quand ils sont encore là malgré les promesses de “revalorisation salariale historique” alors que 70 % de la profession n’aura quasiment rien et que la hiérarchie va elle percevoir plusieurs milliers d’euros annuel en plus ?


Il ne le démontrent pas en étant au front quand on leur explique, au mépris de nombreuses études internationales, que le virus, qui oblige à confiner la société toute entière, ne touche que peu les écoles et que donc, avec un simple masque en tissu, ils peuvent aller enseigner, des heures durant, enfermés dans des salles de 40m2 mal aérées avec 30 élèves ?


Ils le démontrent pas quand, chaque année, on remplace des postes d’enseignants par des heures supplémentaires imposées et qui surchargent de travail des enseignants déjà excédés ?


Ils ne le démontrent pas en démissionnant toujours plus nombreux chaque année, dégoûtés des conditions de travail qu’on leurs réserve, malgré l’investissement fait dans des années d’études et un concours exigent ?


Ils ne le démontrent pas quand nombre d’entre eux y laissent la santé, et même la vie, pour tenter de pallier aux manques toujours plus criants d’une administration toujours plus exigeante ?

Ils ne démontrent donc pas leur implication et leur attachement au service public d”éducation à un point tel qu’on veut leurs faire prêter serment pour qu’ils jurent qu’ils vont le faire ?


Quel mépris, encore une fois, pour toute une profession !

Par Nik Tik

source : https://www.education.gouv.fr/grenelle-de-l-education-compte-rendu-d-atelier-revalorisation-seance-4-reconnaissance-308154

 

 

Il est devenu compliqué de mobiliser les troupes enseignantes afin de les pousser à la révolte, alors même que leur statut régresse d’année en année, en harmonie parfaite avec leur pouvoir d’achat et la considération populaire à leur égard.

J’ai l’impression que les personnels enseignants se sont accoutumés à une certaine forme de maltraitance. Souvent, les enfants maltraités n’ont aucune conscience de l’anormalité de leur situation, ils s’imaginent qu’elle est équivalente à …celle des autres enfants, et il est très compliqué de se mettre à distance de sa propre réalité afin de l’entrevoir avec une saine objectivité.

Car oui, je pense que l’analogie avec la maltraitance est pertinente. L’enseignant est sous-traité, sous-considéré, sous payé. Mais il finit par trouver sa situation parfaitement normale, puisque la société lui martelle inlassablement qu’il est un privilégié, que la sécurité de l’emploi l’écarte de tout aléa professionnel. (D’ailleurs, mais c’est un autre débat : peut-on encore VRAIMENT parler de sécurité de l’emploi quand on sait qu’un enseignant est envoyé à l’autre bout de la France, souvent dans les régions les plus coûteuses au niveau de l’immobilier, sans espoir d’un retour rapide parmi ses proches ? Qu’il subit une pression permanente des chefs d’établissement, des inspecteurs, des politiciens, des réformes, et de plus en plus, des élèves ?)

Un semblant de syndrome de Stockholm s’est pourtant développé chez l’enseignant qui, las et parfois honteux d’espérer une revalorisation, s’estime chanceux et reconnaissant à l’égard d’une institution qui le malmène. Parce qu’après tout, il n’est pas le plus à plaindre, il a les vacances, il n’est pas à la rue.De la même manière qu’un enfant maltraité aura une reconnaissance aveugle à l’égard de ses géniteurs, l’enseignant manifeste une réelle gratitude à l’égard d’un système qui a pourtant enfanté ses souffrances. Et bercé par la routine, par ces petites souffrances confortablement installées, il ne semble plus avoir le recul nécessaire pour réaliser qu’une telle dévalorisation de sa profession et souvent même de sa personne n’est pas une chose NORMALE.
M’est avis qu’avant de lutter pour convaincre les familles, les politiciens et la société entière des fondements de notre révolte, ce sont d’abord les enseignants eux-mêmes que nous devrons convaincre de la légitimité de leur cri ; eux qui n’ont même plus l’envie d’espérer un murmure.

par Yo

 

Écrasée comme une mouche.
577 députés nommés à l’assemblée nationale. Le texte qui crée les établissements publics des savoirs fondamentaux a été voté à 35 contre 7.
La Loi Blanquer (il avait juré ses grands dieux qu’il ne ferait pas de réforme. Et en fait c’est vrai. Il ne fait pas de réforme, il passe l’éducation nationale au broyeur pour la modeler à sa main (aux intérêts des entreprises) au détriment du bien être de l’enfant. Feu l’éducation nationale, vive l’éducation Blanquer !) a entériné cet amendement sur “l’école du socle”.
Il y a beaucoup à dire, et à redire, sur la loi Blanquer.
Mais dire ne servira à rien si l’on n’agit pas… Si l’on ne réagit pas.
Les établissements publics des savoirs fondamentaux qui ont été créés le sont sur le cadavre des écoles primaires actuelles.
Concrètement le but est de regrouper les écoles autour d’un collège.
D’annexer les écoles au collège.
Une école ne sera plus qu’une portion d’un grand établissement auquel elle sera attachée. Attachée.
Il n’y aura plus de directeur/directrice d’école.
Il y aura un chef d’établissement, au collège.
Les actuels directeurs/directrices d’écoles qui se battaient pour voir mieux reconnaître leur métier, mieux valoriser leur travail se verront, au mieux, attribuer le titre de directeur adjoint.
Adjoint-e.
Donc quand l’adjoint-e arrivera à l’école et qu’il/elle constatera que l’accès est verglacé et dangereux il/elle en référera à son chef d’établissement (qui appellera, ou fera appeler la mairie qui appellera les services techniques), si le chauffage a disjoncté dans la nuit il/elle en référera à son chef d’établissement (qui appellera, ou fera appeler la mairie qui appellera les services techniques).
Si à l’ouverture de la grille un parent est tracassé par ce qui est arrivé à son enfant lors de la récréation de la cantine hier, cherche le bonnet/la veste/la toupie/le crayon quatre couleur doré/etc de son enfant, se fait du soucis parce que sa situation familiale, professionnelle peut avoir des répercutions sur son enfant, n’est pas content parce que son enfant à trop/pas assez/mal écrit/pas compris les devoirs, qui va gérer? Qui va prendre cinq, dix minutes pour désamorcer la crise, pour rassurer le parent? L’adjoint-e?
Quand un enfant aura dépassé les bornes, la collègue excédée l’enverra illico dans le bureau de l’adjoint-e? Aura t-il/elle seulement encore un bureau? Cela aura t-il un quelconque poids?
Quand, il manquera 5 élèves à l’appel c’est la secrétaire du collège qui appellera les parents qui n’ont pas prévenu de l’absence?
Quand l’ambulancier, viendra chercher Lola, ou Joseph, ou Gaspard, qui aller au CMPP, chez la psychologue, au centre de soin, quand la mamie, la nounou, la voisine viendra chercher Bernard, ou Caroline, ou Samira qui a vomi, a de la fièvre, s’est ouvert l’arcade sourcilière, qui leur ouvrira la porte? Les aiguillera?
Quand un enfant témoignera de violences, aura des traces de coups, c’est le chef d’établissement qui prendra les choses en mains? Qui ira témoigner chez les gendarmes? Sans jamais avoir seulement croisé l’enfant et ses parents?
Quand un-e collège sera fatigué-e, usé-e, démoralisé-e c’est le chef d’établissement qui va offrir son épaule? C’est lui qui fera l’animation d’équipe? Qui en assurera la cohésion? De loin, de son bureau au collège?
Quel sera le respect accordé aux enseignants et à l’adjoint-e par les partenaires, mairie, association de parents, partenaires culturels et sportifs si l’autorité n’est plus représentée que par un-e adjoint-e?
Quand les collègues décideront d’un projet, élaboreront une organisation, prépareront une sortie, une fête, une porte ouverte, un décloisonnement c’est le chef d’établissement qui décidera? Jusque là c’était discuté, décidé en conseil des maîtres. De façon démocratique. En concertation. Le/la directeur/directrice n’est pas le supérieur hiérarchique de ses collègues. Le/la directeur/directrice n’était pas là pour juger, évaluer ses collègues. Un chef d’établissement le sera.
Il pourra gérer son stock d’enseignants.
Et comme l’établissement comprendra plusieurs écoles les effectifs seront calculés de façon globale. Tant d’élèves divisés par tant de profs, peut importe comment ils sont répartis, et hop, on rationalise, on supprime des postes.

577 députés nommés à l’assemblée nationale. Le texte qui crée les établissements publics des savoirs fondamentaux a été voté à 35 contre 7.
Merci aux 7.

Je suis écœurée. Je suis désolée. Blanquer a tué mon métier comme on écrase une mouche.

A gérer l’éducation nationale comme on gère une entreprise on déshumanise l’enseignement et l’on robotise nos élèves. L’école n’aura plus vocation à former des citoyens éclairés, mais de parfaits petits soldats, de la chair à usine, qui fonctionnent sans réfléchir et obéissent sans protester aux ordres venus de l’élite pour servir l’élite. Cette maltraitance programmée va t-elle, enfin, faire réagir l’opinion?

par Anne

 

Bonnes gens ayez confiance!

L’assemblée nationale est au chevet de l’éducation nationale.

Et des mesures fortes ont été votées.

Que les enseignants se garderont bien de critiquer puisque l’article premier de la loi sur l’école de la confiance leur impose de ne rien dire qui pourrait porter atteinte à la réputation du service public.

Nul doute que la réputation du service public d’enseignement soit sauvé par les drapeaux (et carte de France?) imposés dans toutes les classes. Nul doute que le sang impur collé sur les murs des classes rendra à l’éducation nationale son lustre d’antan.

Parce qu’il s’agit bien de cela, n’est pas?

Caresser le bon peuple dans le sens de la seule direction à prendre, celle qui rend l’école responsable de tous les maux de la société actuelle.

La mal bouffe, les grossesses précoces, l’homophobie, les poubelles non triées, les attentats, les casseurs , les dealeurs, les chômeurs, les glandeurs, les profiteurs (ceux qui vivent des aloc, bien sûr, pas ceux qui vivent des dividendes) l’école n’a pas fait son boulot.

C’était bien avant. On avait le sens des valeurs et celui de sa valeur.

Chacun à sa place. L’élite guidée vers les grandes écoles, le peuple vers les usines.

Les drapeaux qui vont désormais flotter vont donner aux enseignants l’assise et l’autorité nécessaire pour éviter que nos élèves ne se fourvoient sur les ronds points en chantant la marseillaise de façon dévoyée.

Les drapeaux vont sauver l’école.

Nul besoin pour les enseignants de mettre la réputation de l’institution en danger. Elle va sombrer toute seule. La pente est bien savonnée:

Point d’indice et salaire bloqué, au ras du plancher européen, dissimulés sous des heures supplémentaires imposées pour les profs (destruction de postes), inexistantes pour les professeurs des écoles.

Temps de travail toujours plus lourd, évaluations chronophage et nocives, l’éducation en statistiques. Effet d’annonces et mise au pas des professeurs: seule la méthode scientifique est la bonne et haro sur les “fantaisies” pédagogiques. Le ministre invente, quasi chaque jour, le fil à couper le beurre et le fait savoir à grand renfort de communication de presse.

Classes surchargées bien cachées derrière l’annonce en grande pompe de quelques CP et CE1 dédoublés.

Réforme du lycée pour bien canaliser chacun à sa place.

Parcoursup pour bien aiguiller vers les filières privées.

Bonnes gens ayez confiance!

L’assemblée nationale est au chevet de l’éducation nationale.

Et des mesures fortes ont été votées.

Certaines ne sont pas passées, comme c’est dommage! Bien sûr imposer un dress code plus rigoureux aux profs aurait été marquant! Ils sont si mal attifés…

Heureusement, maintenant ils ont des drapeaux!

 

Par Anne

 

Monsieur le ministre,

 

Je suis l’une de ces directrices qui font tourner la machine école avec mes collègues adjoint-e-s et j’ai écouté, ce dimanche matin, votre intervention sur RTL.

J’avais déjà regardé votre vidéo de vœux et j’étais restée sur ma faim. Sur ma faim de reconnaissance. J’attendais donc un mot de votre part sur l’amélioration de nos conditions de travail, j’ai entendu suppression de poste. Alors que c’est de moyens humains, plus de maîtres que de classes, un vrai RASED dans chaque école, dans toutes les écoles, dont nous avons besoin pour réussir.

J’attendais une décision de revalorisation, de remise à niveau de mon salaire. J’ai entendu heures supplémentaires, “travailler plus pour gagner plus”, alors que nous travaillons bénévolement jusqu’à plus soif, bien au-delà des 108 heures qui nous sont imparties. Ajouter des heures aux heures, encore et encore?

J’ai entendu défiscalisation de ces hypothétiques heures supplémentaires. Elles ne compteront donc pas pour notre de plus en plus lointaine retraite. Vous annoncez un observatoire du pouvoir d’achat. Que souhaitez-vous observer? Interrogez vos services, ils vous diront ce que nous avons comme pouvoir d’achat. Lisez les études de l’OCDE, elles vous diront où se trouve notre pouvoir d’achat. Ce qui n’est pour vous qu’un coût est notre pouvoir d’achat. Ne dépensez pas notre argent en études et observations. Nous pouvons vous dire, nous, que nous sommes déclassés.

J’ai entendu que vous nous écoutez. Vous aviez même l’air sincère. Cela a été pour moi, pour beaucoup d’entre nous, une humiliation de plus. Vous nous écoutez dites-vous? Moi je vous dis que vous ne nous entendez pas. Sans doute parce que vous nous écoutez à travers le matelas de la hiérarchie (pas de vagues). Sans doute parce que vous êtes bien loin de notre réalité. Une visite de quelques minutes dans une école, préparée, peignée, lissée, une discussion entre deux portes avec un-e enseignant-e est une vision faussée de la réalité.

Parce que la réalité, Monsieur le ministre, c’est que nous nous sentons comme une bouée abandonnée en pleine mer. Dans les quartiers, dans les campagnes, derniers représentants des ruines du service public. Seuls, et sans aide, face aux besoins toujours plus prégnants de nos élèves, assistantes sociales, orthophonistes, psychologues, psychomotricien-ne-s, médecin scolaire, médecin de ville, disparus dans la machine à mouliner la société ces dernières années. Seuls face aux parents de plus en plus perdus, de plus en plus souvent agressifs, confrontés à la violence sociale de la société actuelle. Nous nous sentons comme une bouée abandonnée en pleine mer, pas de médecine du travail, pas de gestion des ressources humaines, pas de formation continue de qualité (formations au rabais, imposées, sans relation avec nos besoins), outils inadaptés (matériel personnel, LSU imposé, chronophage et inutile pédagogiquement, magistère désespérant, évaluations nationales détachées de la réalité d’une classe, chronophage, inutilisables…), hiérarchie au mieux inexistante, au pire infantilisante.

Vous ne nous entendez pas. Vos consultations, questions fermées, questionnaires à remplir pendant les vacances, sont une insulte à notre intelligence, à notre expertise. Vous dites votre grande estime pour les professeurs et vous nous assénez des changements de programmes (appelez cela comme vous le souhaitez, vous ne leurrez personne) pendant l’été. Vous dites votre grande estime pour les professeurs et vous nous faites parvenir vos injonctions à de grandes innovations (croyez-vous réellement avoir inventé le fil à couper le beurre avec une dictée par jour, une chorale dans chaque école, la disparition de la méthode globale (la méthode globale!!! Plus de 30 ans que chaque ministre l’agite sous le nez des parents pour détourner leur regard de la disparition des aides)?) par voie de presse.

Par voie de presse. Vous dites votre grande estime pour les professeurs et vous laissez des élus, des journalistes, dénigrer notre fonction, notre mission, en colportant encore et encore la caricature de l’enseignant fainéant et nanti. Vous appelez la bienveillance de vos vœux. Nous n’attendons que cela. Je reste à votre disposition pour plus de précision de ce que nous, professeurs des écoles, directeurs, vivons au quotidien.

Salutations sincères.

par Anne

Monsieur le ministre,

Je ne suis qu’une petite directrice, pour l’essentiel une professeure des écoles (1/4 de décharge pour 5 classes) et je fais appel à vous, notre ministre, à votre grand sens de la pédagogie, avec votre facilité à communiquer par médias interposés, pour rétablir la vérité face aux affirmations erronées clamées haut et fort par Mme la députée Motin et relayées, sans discernement, par des radios nationales.

Les professeurs des écoles ne peuvent pas et ne pourront pas améliorer leur pouvoir d’achat grâce aux heures supplémentaires. Asséner cette contre vérité au public déjà prompt à nous mésestimer est, pour nous, comme du sel sur des plaies déjà bien profondes.

Si en effet quelques heures supplémentaires sont “disponibles” pour les professeurs des écoles, stages de réussite de quelques heures deux fois par an, payées de 3 à 6 mois plus tard (d’expérience de stage effectué en août pour améliorer les finances de la rentrée, n’est payé que pour Noël) et pour une portion congrue d’entre nous (2 professeurs sur 8 sur notre groupe scolaire) l’essentiel des heures supplémentaires que nous effectuons sont bénévoles.

Nous qui sommes si facilement qualifiés de fainéants ne recevons pas les parents, souvent tôt le matin ou tard le soir, puisqu’ils travaillent, “eux”, en heures supplémentaires.
Nous ne participons pas aux réunions avec la mairie, avec l’association de parents d’élèves, avec la médiathèque, pour l’organisation d’une fête de quartier, d’un comice agricole en heures supplémentaires. Nous ne partons pas en classe de découverte, laissant nos familles pour quelques jours de responsabilité 24 heures sur 24 heures de nos 25 à 30 élèves sur des heures supplémentaires. Le “forfait” de 108 heures (voir le détail ci-dessous) étant soldé dès la fin du premier trimestre nous faisons fonctionner l’école sur un temps qui ne nous est pas compté (ou qui ne compte pas?). Voilà pour le sel.

Ce n’est donc pas, vous le reconnaîtrez, ces heures supplémentaires, qui amélioreront nos fins de mois. Les enseignants sont déclassés d’année en année. Nous sommes les parents pauvres de l’Europe (source OCDE). Nous qui avons la tâche de former les citoyens de demain avons de plus en plus de mal à élever correctement nos propres enfants. Voici les plaies.

Aussi, Monsieur le ministre, je ne vous demande même pas ce que votre collègue à la fonction publique nous refuse, sous prétexte d’économies (que le gouvernement ne fait pas avec les grandes multinationales), de prime ou d’augmentation, mais je demande de reconnaître et de faire connaitre que rien n’est mis en œuvre pour améliorer notre condition de grouillots de l’état, de sherpas de l’élite (naïvement je pensais servir le peuple français).

Je reste à votre disposition pour plus de précisions de ce que nous, professeurs des écoles, directeurs, vivons au quotidien.

Salutations sincères.

 

Pour rappel, forfait de 108 heures:

36 heures d’activités pédagogiques complémentaires face élèves, 24 heures consacrées à l’organisation, projet d’école, accueil des élèves à besoins particuliers, travail de cycle, liaison avec le collège, 24 heures de conseils de maîtres et temps de rencontre avec les parents (rien qu’une demie heure avec chaque parent une fois l’an et… c’est grillé!), 18 heures de formation continue (les commentaires quant au contenu de ces “formations” pourraient faire l’objet un courrier spécifique), 6 heures pour les conseils d’école (si tout se passe bien, si l’on n’est pas obligé d’en réunir un de plus, exceptionnel).

 

par Anne

 

 

 

Pétition adressée à M. Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’éducation nationale :

https://www.mesopinions.com/petition/politique/contre-desinformation/56598

Par Les stylos rouges

 

 

C’est la période des vœux et je cherchais comment vous formuler les miens.
Des mots sont venus, pas ceux que j’attendais.
Mais puisqu’ils étaient là je les ai écrits et 
à l’aube de cette nouvelle année je vous les offre :

 

 

Dehors le feu et le sang
Partout
Le chaos
La planète qui meurt
Nos corps empoisonnés
Les animaux torturés
Un monde qui se fracture
Des valeurs pulvérisées
Des téléphones comme compagnons
La misère à nos portes
Le règne des puissants
Les libertés qui reculent
Le fascisme qui rôde

La colère
La peur
Partout
Compliqué
Terrifiant

Et pourtant
Dedans
Chez nous tous
Parfois enfoui
Souvent à fleur de peau
Des émotions intactes
De l’amour
De la générosité
De la compassion
De l’empathie
De l’humour
Et puis les sourires
La tendresse
La transmission

Dehors, le monde s’embrase
Dedans, nos cœurs flambent
Parce qu’on est la cause
Mais aussi la solution

Alors pour 2019 si on faisait le pari de l’intelligence
De nous réveiller
De nous lever
D’avancer
Chacun à notre manière, comme on peut, comme on veut
Chacun à notre rythme, à petits pas ou en courant
Chacun comme on le sent, dans notre coin ou ensemble
Mais sans baisser les bras
Comme des sentinelles
Comme des remparts
Pour nous
Pour nos enfants
Pour la terre que nous leur laisserons

Tant il est vrai que c’est à partir de l’infime que se déploie l’immense

 

Marilyn Buisson

 

Voilà, voilà, voilà..
J’ai fait grève.

Mes élèves étaient en classe, comme d’hab.
Parce que le lundi je suis au bureau et que ma collègue n’a pas fait grève. Parce que perdre une journée de salaire c’est compliqué pour beaucoup. Et puis…
Quand on fait grève en élémentaire personne n’est vraiment gêné, la mairie est tenue de mettre en place un service de garde (cela ne s’appelle pas comme ça mais c’est exactement ça). Alors faire grève n’est pas très efficace.
Donc j’ai fait grève mais le travail que je n’ai pas effectué hier s’est juste empilé sur le bureau.
Il reste à faire.
J’ai fait grève en me disant que j’allais apporter ma pierre, porter ma colère avec d’autres. Et que nombreux à être insatisfaits, en colère, nous serions nombreux à le montrer.
10% dit le gouvernement. 30% disent les syndicats. Comme je suis pragmatique j’aurais tendance à couper la poire en deux. Que diriez vous de 20%?
A Blois nous étions 500 à manifester devant la permanence des deux ministres issus de notre département.
Nos délégués, reçus par le préfet, sont ressortis avec le message: “la France est endettée, il faut faire des efforts”.
Faire des efforts c’est travailler au rabais.
C’est maltraiter les plus faibles.
Des classes plus chargées, des enseignants de moins en moins formés, des dispositifs d’aide qui se dissolvent (RASED où es tu?), des outils imposés et le métier dévalorisé par ceux là même qui nous dirigent (ils prescrivent, nous exécutons, plus besoin de réfléchir, trop bêtes nous sommes, l’échec de l’école ne peut être que le notre, pas le leur, à nous donner les moyens de réussir). L’école à deux vitesses avance à grand pas. L’école, sélective, le collège idem. Pour n’envoyer au lycée général que ceux qui proviennent des classes les plus aisées, pour cantonner dans les lycée pro et l’apprentissage ceux qui serviront le capital en travaillant pour que d’autres s’enrichissent, pour survivre.
La France est endettée…
Alors on rabiote sur les fondations même de la société.
L’éducation (et la santé, nul ne l’ignore).
Pensez vous que cette société va encore pouvoir tenir debout longtemps sans fondations? En donnant toujours plus aux mêmes, là haut?
Je sais que je suis qu’une pauvre prof des écoles, pas une première de cordée, mais il me semble que quand une construction, un système, est déséquilibré il se casse la gueule…
Non?
Se mobiliser pour ça pourrait être une idée fédératrice. Un moteur.
Le système maltraite nos enfants, sape la société de demain (d’aujourd’hui aussi).
Se mobiliser.
Mais, je le vois, l’éducation nationale ne coûte pas aux “usagers” (pour l’instant), ce n’est pas visible comme quand on fait son plein. Alors sa détérioration ne fait pas de vague. Il n’y a pas de blocage en vue. Nous allons juste sombrer en silence.

 

texte de Anne Allet