Cherchez l’erreur

Texte de Seb Bridge pour le Café pédagogique reproduit ici avec son aimable autorisation.

 Le débat est ouvert (désolé pour les tournures de phrases parfois discutables). Je file… Que les recalés ne s’inquiètent pas ils seront contractuels pour moins de 1400 euros par mois. Ou alors vacataires et non rémunérés pendant les vacances. On les verra défiler et il faudra leur expliquer la chanson, le métier (pour les débutants), jouer les tuteurs officieux, leur passer des cours (ce qui ne me pose aucun problème). Et finalement constater les effets néfastes sur les élèves qui sont soumis malgré eux à cette valse des enseignants… C’est PITOYABLE.

Dans le privé si tu as un poste à pourvoir et que les candidats ne te satisfont pas comment réagir ?

1/ Proposer une rémunération supérieure (ce n’est pas dans l’air du temps)

2/ Accepter un candidat qui ne valide pas tous tes critères (il faudra bien quelqu’un dans tous les cas)

3/ Ne pas pourvoir le poste et compenser (Heures sup encore faut-il que les autres employés acceptent, travail supplémentaire du chef d’entreprise : jusqu’à preuve du contraire les chefs d’établissement n’assurent pas les cours).

4/ Se tourner vers l’intérim et multiplier les CDD. Cette dernière option semble plus flexible mais elle a des effets plus vastes sur la vie de l’entreprise…. Voici ce que je pense comme la plupart de mes collègues : Reconnaissance, fidélité, respect sont souvent les maitres mots pour envisager de construire un projet solide et pérenne.

Une collègue qui vient de réussir le concours s’étonne que seuls 80 postes sur 91 ont été pourvus. Ma réponse : 11 personnes non stagiaires donc 11 personnes qui potentiellement ne signeront pas un CDI pour 35 ou 40 ans. 11 tuteurs à trouver à moins (qui coûtent 5000 euros bruts par an à l’Etat), 11 primes de titularisation en moins à verser, 11 personnes en moins à accueillir à l’ESPE.

Contractuels ne vous inquiétez pas, on a tout prévu pour vous. Des formations flashs en 12h (en supposant que les inspecteurs parviennent à vous détecter).

Promettre 91 postes et n’en pourvoir que 80 c’est faire croire que les postes sont accessibles c’est dire à la société civile qu’on veut recruter des enseignants pour leurs enfants mais que malheureusement les personnes qui se présentent semblent (je dis bien semble…) incompétentes. Malgré tout, on proposera un contrat temporaire à ces mêmes personnes. Cherchez l’erreur.

Une collègue contractuelle vient d’avoir un avis très favorable de la direction et de l’inspecteur suite à l’année qu’elle a passé parmi nous. Elle a prouvé l’étendue de ses compétences. Je peux sans me tromper dire qu’elle est l’enseignante qu’il faut à nos élèves. Mais elle a consacré beaucoup de temps à son activité pro et elle a échoué de peu au concours. Elle reste donc une simple contractuelle tout aussi compétente que n’importe quel stagiaire mais qu’on pourra déplacer à volonté. Elle a eu le droit au traditionnel “peut-être à la rentrée”. Elle aura la réponse le 4 septembre quand la pré-rentrée aura eu lieu. Et comme si ça n’avait aucune incidence sur l’ambiance dans les établissements et aucun effet sur les élèves.

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