Journal d’un enseignant confiné en Terre d’Ubu

Pièce de Guillaume Rousseau

 

 

 

 

Acte I : le confinement

 

Scène 1

Enregistrement : (Chevauchée des Walkyies+ discours de Macron)

Voix OFF : Ouah !!! Ce jeudi 12 mars à 20h10, l’annonce d’Emmanuel nous a tous bien pris de court. Et pourtant, on aurait dû prévoir. Il y avait des signes qui ne trompent pas : le matin même, à Poitiers, notre Ministre de l’Education, rappelait que les écoles resteraient évidemment ouvertes. Si c’est pas une preuve qu’il fallait se méfier.

Du coup, dès le lendemain, il a fallu organiser le confinement.

Enseignant (ou enseignante) : Bien, les enfants, on va rapidement préparer les affaires, car on ne sait pas quand on va se revoir… Non, Karine, pas à cause du connarovirus ! Du coronavirus !!… Jean-Paul, quand le Président parle de guerre, c’est une façon de parler… Non, c’est pas parce que tu es bon à World of Warcraft que tu es protégé… Non, Kévina, tout le monde ne va pas mourir… Oui, ben BFMTV… Ni se transformer en zombie, Pablo, non… Cassandra, pourquoi tu pleures ? (S’approche d’un enfant invisible) Faut pas te mettre dans cet état… Mais non, j’ai pas postillonné… Mais non, j’ai pas le virus… Arrête !!! (Sonnerie de fin d’école, l’enseignant sort)

 

Scène 2

Voix OFF : En un week-end, il allait falloir apprendre à faire classe à distance. Heureusement, comme l’a dit Jean-Michel Blanquer, nous étions prêts. Enfin, lui, apparemment, il était prêt. Parce que nous…

Enseignant(e) (entre, un minitel à la main) : Chéri(e), j’ai retrouvé ça au grenier…. Ben, pour faire la classe virtuelle. Qu’est-ce que t’en penses ? Je vais essayer de taper 36 15 Education Nationale, on verra bien (A part) A l’époque, j’utilisais 36 15 ULLA, ça marchait très très bien… Bon où est-ce que je vais pouvoir brancher ça, moi… (sort de la pièce)

 

Scène 3

Voix OFF : Allez, j’exagère, certains d’entre nous étaient quand même plus en lien avec la technologie.

Enseignant(e) : Chéri(e), tu sais comment je peux avoir du WIFI ?

Femme (ou mari) (dans les coulisses : T’avais qu’à le mettre sur la liste de courses

Enseignant(e) : N’importe quoi !! Le WIFI !!! Pour aller sur internet !!! … Laisse tomber. Si c’est important, j’ai une visio-conférence avec mes collègues, moi, Madame (ou Monsieur)  !

(Cherche du réseau) : Non, là, y a pas… Là non plus… (Part dans les coulisses) Ah là, c’est bon, nickel…

(Femme ou homme traverse la pièce, frappe à la porte)

Enseignant(e) : quoi, qu’est-ce qu’il y a ?

Femme (ou mari) : Ben, je dois y aller.

Enseignante(e) : De quoi ? Aux toilettes ? Ah mais ça va pas être possible. C’est le seul endroit où j’ai du réseau. Repasse dans 2 heures.

 

Scène 4

Voix OFF : Du coup, directement, les profs se sont connectés sur les Espaces Numériques de Travail et autres sites proposés par le CNED. Et c’est là qu’on a commencé à douter : il était vraiment prêt, Jean-Michel ?

Enseignant (e) : Bon, allez, on a à peu près une idée de ce qui nous attend, découvrons cet ENT. Nom, prénom, date de naissance, nombre d’enfants, numéro de sécurité sociale, tour de taille, pointure, et le mot de passe

(Tape indéfiniment sur son clavier.) C’est bon, j’ai tout bien renseigné.

(Long moment. Souriant jaune.) A mon avis, ça va être bien…

(Encore un long moment. Petit bruit) C’est bon ? … Ah non…. Il y a le recteur qui pédale dans la cave, c’est pas possible…

 (Encore un moment) Ben, les chats pornos, ça fonctionne mieux… Ah, ah, ah !!!!! 

(Lit sur l’écran) « Un trop grand nombre de personnes essaient de se connecter en même temps, veuillez réessayer plus tard.

(Abasourdi.)  Non, mais attends, tu déconnes !!! Il est 3 HEURES DU MATIN !!!!!!!

 

Scène 5

Voix OFF : Allez, soyons réalistes, personne n’était prêt. Mais on a bien dû se lancer et on est entrés en contact, notamment par téléphone avec les parents et les enfants, semaine après semaine. Et ça a donné des moments, disons… sympas (ironique).

Enseignant (e) (en train de dormir. Au public)Je suis dans mon lit. Je préfère préciser…

 (Le téléphone sonne) Oui, Karina. Oui, qu’est-ce qui se passe ? Rien de grave ?

 (Atterré) Tu n’arrives pas à faire le devoir d’anglais ? Tu comprends pas la différence entre le present past et le preterit ? Mais moi non plus, Karina à 4h du matin, je comprends rien à l’anglais. A 4 h du matin, je dors, Karina, I SLEEP !!

Voix OFF : Cette histoire est réellement arrivée à une collègue. Mais bon, on va pas se mentir, c’est pas vraiment l’excès de zèle des élèves et des parents qui nous a posé le plus de problèmes.

Enseignant : (Au téléphone)

Bonjour, Madame Calmier. Je voulais vous dire que j’avais bien reçu votre mail me disant que vous ne pouviez pas faire travailler Malvina, car vous n’aviez pas accès à votre boîte mail. C’est logique… Et sinon, je voulais savoir : vous me prenez vraiment pour un lapin de six semaines ??? De quoi, vous ne m’entendez plus ? De quoi, vous passez sous un tunnel ? Mais j’appelle sur votre fixe, Madame. MADAME !!

(Nouveau coup de téléphone) Bonjour, Madame Rémi. Je vous ai envoyé des documents pour le travail de Brian il y a trois semaines et vous ne m’avez rien renvoyé…. Un mail, dans votre boite… Non, pas besoin d’attendre le facteur, Madame Rémi, dans votre boîte MAIL. Voilà… Ce que vous devez faire ? Ben, vous ouvrez la fenêtre…. Mais non, ça va pas faire courant d’air. Bon, écoutez, passez-moi Brian, ce sera plus simple… Ben, vous le réveillez, 1 heure de l’après-midi, c’est une bonne heure pour se lever, non ?  Oui, bon ben, il me rappelle. Dans 10 minutes, sinon je sors une attestation et je coche « doit sortir un élève par la peau des fesses. » Merci, Madame Rémi.

Oui, Monsieur Cardon, vous allez bien ? Excusez-moi de vous déranger… Pourriez-vous retirer la photo Playboy que vous avez mise sur le site de notre classe de maternelle ? …. Vous ne la voyez plus ? C’est étonnant, parce que nous on la voit bien. Très très bien. On peut difficilement la voir mieux. Merci bien, Monsieur Cardon !!

 

Scène 6

Voix off : Les plus téméraires se sont lancés dans la classe virtuelle, une expérience…innovante.

Enseignant (dans les coulisses) : Chérie, je dois me lever, j’ai classe virtuelle ce matin.

Epouse (en coulisses) : Tu prends combien d’élèves ?

Enseignant : Ben, un seul ! On est sur le site de l’Education Nationale, hein ! A partir de deux, ça bugge !

Epouse (en coulisses) : T’as rien oublié ?

(L’enseignant sort, très bien habillé en haut, en pyjama et gros chaussons en bas)

Enseignant : Quoi donc ?

Epouse : Ton pantalon !

Enseignant : Ah ça ! On s’en fiche, la caméra ne descend pas jusque-là. (S’installe à l’ordinateur). Bonjour, Dylan. Dis donc, c’est quoi, cette coupe de cheveux ? Tu viens de te lever ? Non mais t’as pas honte, non ? T’as vu l’heure ? Bon, allons-y. La civilisation gallo-romaine : comme on avait vu la dernière fois, Jules César a vaincu Vercingétorix en 52 avant Jésus-Christ. Et alors…. (On entend la télé à fond). Dylan, tu peux demander à ton père de baisser la télé, s’il te plait ?

Dylan (en coulisses) : Papa, mets moins fort.

Le père (en coulisses) : Ouais ben c’est bon. Il me saoule, ton prof’ !

Enseignant : Euh, oui… donc…  la civilisation gallo-romaine : comme on l’avait vu la dernière fois, Jules César a vaincu Vercingétorix à Gergovie en 52 après Jésus-Christ.

(Tout à coup, une personne déguisée en lapin passe dans le fond)

Enseignant : De quoi, un lapin ? T’as fumé, Dylan ? Bref, la civilisation ramo-gollaine : comme on l’avait vu la dernière fois, (Un chasseur passe) Pardon, Dylan ? Un chasseur ? Ca te va pas trop, le confinement, toi ! Reprenons : donc, Gergovie a vaincu Alésia à Vercingétorix en … (Le lapin arrive, trainant le chasseur). Quoi encore ?!!! (L’enseignant découvre ses enfants déguisés et rit jaune.) Ce sont mes enfants, ils n’ont que ça à faire au lieu de bosser. S’ils sortent pas d’ici vite fait, JE LES BOUFFE AVEC DES PRUNEAUX !!!

Bon, Dylan, reprenons : le théorème de Pythagore a été découvert par Vercingétorix : (Bruit d’aspirateur. Sa femme, arrive, aspirant sous le bureau…) ça disait que tout corps plongé dans un liquide en ressort mouillé… (L’enseignant, se retournant vers sa femme) Chérie, tu pourrais pas éviter de passer l’aspirateur maintenant ? C’est pas vraiment le moment !!

Epouse : Ben, faut pas se fâcher comme ça, mon loulou. Tu m’as l’air tout tendu, tout stressé (Retire sa robe de chambre, s’assied sur les genoux de l’enseignant et défait le col de son mari). On va trouver un moyen de le détendre, ce petit coco.

Enseignant (très gêné) : Chérie, t’as oublié ? Je suis en classe virtuelle.

Epouse : oups : Pardon ! Bonne journée !

Enseignant (reprenant des esprits, claquant dans ses doigts) : Dylan ! Dylan ! Elle est partie ! C’est ici que ça se passe. On en était où ? Le général de Gaulle, c’est ça ? Bon , écoute, la séance est finie de toute façon, on a bien avancé, tu me retiens tout ça pour la semaine prochaine. (Eteint l’ordinateur) Chérie ? Si on reprenait où on en était ?

 

Scène 7

L’enseignant, Kylian, son père et sa mère, dans un fauteuil improvisé.

Voix off : Oui, vraiment, on a connu des situations pour le moins… cocasses.

Enseignante : Bonjour, Kylian, comment vas-tu ?

 (Kylian est assis dans le fauteuil, l’air gêné.) Prêt pour les maths ? (Arrivent les parents de Kylian, qui s’installent dans le canapé avec chips, pop-corn, coca…)

Mère de Kylian : ‘Jour, M’dame. Kylian, il nous a parlé que c’est vachement bien, les séances avec vous. Du coup, on s’est dit qu’on pouvait venir regarder, ça vous dérange pas ?

Enseignante : ben…Euh….

Mére de Kylian : Super ; On va lui donner un p’tit coup d’main, parce que bon…

(A part, à la maîtresse) On était venu vous voir la dernière fois parce qu’on pensait qu’il était précoce, mais en fait, après deux mois de confinement, on s’en rend compte, hein : il est un peu con …et chiant….

Bref, moi, j’pensais que vous étiez des feignasses, vous, les profs, mais en fait, c’est un vrai boulot que vous faites, hein…

Enseignante : Heu…c’est gentil, merci… On va peut-être commencer les maths. Kylian, combien font 6X7 ?

Père de Kylian : 45

Enseignante : Monsieur, s’il vous plait ! 6X6

Père de Kylian : 12. Ça, on ne me colle pas sur les maths.

Enseignante : Bon, passons. On va plutôt corriger les exercices sur le passé composé.

Mère de Kylian : On lui a pas fait faire. On s’est dit que c’était trop facile. Je suis sûr que vous comprendrez.

Enseignante : Mais bien sûr … Sauf que le travail de l’école, c’est obligatoire. Donc, c’est à faire pour demain. Je suis sûre que vous comprendrez. Du coup, on va revoir un peu l’Histoire alors. Comme on a vu la dernière fois, Jules César a vaincu Vercingé…

Mère de Kylian (l’interrompant) : Pardon, je vous coupe, hein, mais j’ dois aller faire les courses, et puis mon mari doit passer la tondeuse. On peut vous le laisser ? Il va être sage. Hein, tu vas être sage, Kylian ?

Père de Kylian : A tout à l’heure, ma chérie. Kylian, va m’chercher une bière, va. (Kylian sort. A la maîtresse) C’est sympa, c’que vous faites… Il vous aime bien, Kylian… Pis il vous trouve jolie… Moi, avec une jolie maîtresse comme vous, j’aurais eu du mal à me concentrer…

Enseignante (très gênée) : Euh… C’est gentil…

Père de Kylian : Dites, vous auriez pas une page Facebook perso ; pour qu’on puisse discuter culture, éducation, anatomie…

Enseignante : Non, mais ça va pas, non ! (Ferme son écran et sort)

 

Scène 8

Voix off : Eh oui, ça a été folklorique. Mais nombreux sont les parents qui ont compris qu’on n’était pas que des feignants. Comme quoi, tout le monde n’est pas Sibeth.

(Discours de Sibeth sur les enseignants à la cueillette des fraises).

Agriculteur : Cré vin diou. Je m’présente : Fernand , spécialiste ès garriguettes. Ça va-t-i ? Moi, ça va. Enfin, ça va…  Ça va mieux. Parce que quand j’ai appris que j’aurai du mal à avoir des saisonniers pour les fraises, ben, j’étais pas jouasse. Et après, quand on m’a proposé de me refiler des enseignants, tout ça parce qu’ils étaient les seuls à pas bosser pendant le confinement, j’peux vous dire que j’ai failli péter les plombs. C’est pas pour dire, mais on les connait, les cocos. Suffit de regarder BFMTV et CNEWS pour savoir un peu comment qu’i travaillent…..

J’peux vous dire que quand je les ai vus débarquer tous avec leur polaire Décathlon, j’ai pris peur. Qu’est-ce qu’ils allaient foutre dans mon champ ? Tout de suite, ils m’ont prévenu : y en avait la moitié qui étaient syndiqués, ils ont demandé à travailler 18 h par semaine, pour soi-disant, préparer la cueillette. Ben tiens ! Et une pause de 15 minutes toutes les 2 heures, en plus. Et j’vous dis pas la quantité de café consommée !!

Quand on a réussi à s’mettre d’accord sur les conditions, j’me suis dit « Ils vont s’mettre à bosser. » Que nenni ! Y a le prof de français qui a commencé à réciter une ôde au soleil, le prof de SVT qui nous a fait un topo sur les méfaits des engrais artificiels sur l’environnement., et le prof de maths qui a commencé à calculer le rendement maximum à l’hectare selon l’emplacement des plants. Je vous parle même pas de l’instit, enfin du professeur des écoles, qui voulait faire une liste des compétences requises et des objectifs à atteindre, et réaliser un Projet Personnalisé de Réussie Educative pour les fraises décrocheuses. J’ai pas tout bien compris.

Mais bon, quand ils s’y sont mis, il faut reconnaître que c’était pas mal. Faut dire qu’ils étaient pleins d’énergie, pas usés par des années de dur labeur. Et leur manière de ramasser les garriguettes, c’était d’un délicat ! Ils avaient les mains douces : des vraies mains de fonctionnaires. Du coup, ça a boosté nos ventes. On a créé un label de qualité, agréé Education Nationale, avec ce slogan : « Soyez exigeants, demandez les vraies garriguettes cueillies par nos enseignants récoltants. » Un vrai carton.

Alors, quand ils ont dû repartir pour une histoire de continuité pédagogique, je peux vous dire qu’on les a regrettés. Moi qui comptais sur eux pour les moissons… Enfin, s’il y a une deuxième vague, ils seront pt-être là pour les vendanges. »

 

Acte II : sortie de confinement

 

Scène 1 

Voix off : On a bien profité, mais les meilleures choses ont une fin, et les vacances…euh, le confinement, comme dirait Jean-Michel, allait bientôt se terminer. En ce 13 avril, le Président annonçait la possible réouverture progressive des écoles (Discours de Macron). Bon, cette fois-ci, on s’y attendait, quelques jours plus tôt, Jean-Mich’ avait précisé qu’il n’y était pas favorable. Mais pour cela, il fallait protéger les enfants. Que les enfants ??

(Arrivée d’un recteur. Il sort un parapluie et l’ouvre. Dessus est inscrit Protocole Sanitaire. Un prof arrive, salue le recteur. Il ne sait d’ailleurs pas trop comment le saluer.)

Enseignant : Vous attendez quelque chose, Monsieur le Recteur ?

Recteur : la rentrée des classes.

Enseignant : Vous aussi…. Je suis un peu stressé , pas vous ?

Recteur : Pas du tout. On a tout ce qu’il faut. (Montrant le parapluie). On est prêts ;

(De l’eau coule sur le parapluie. L’enseignant reçoit toute l’eau.)

Enseignant : Il pleut, non ?

Recteur : Pas remarqué ? (Il sort, laissant l’enseignant seul.)

Enseignant : Ça doit être ça qu’on appelle la théorie du ruissellement. (Sort)

 

Scène 2

Voix off : Ah, le protocole sanitaire !!Bien pensé, réalisé en concertation avec les principaux intéressés et surtout avec une parfaite connaissance des réalités du terrain.

Enseignant (arrive avec un très gros classeur, bourré à craquer) : Chérie, j’ai imprimé le protocole sanitaire, tu viens voir ? (L’épouse arrive) Désolé, j’ai vidé la cartouche, mais je suis sûr que ça en vaut la peine. Tu viens le survoler avec moi ?

Epouse (enseignante elle aussi) : Je n’attends que ça. Depuis le temps qu’on l’attendait !! Je peux regarder ?… Oh, ça a l’air bien écrit !!!

Enseignant :  Page 1 : Les élèves doivent être obligatoirement séparés d’un mètre de chacun de leurs camarades, et assis sur des tables individuelles. Un maximum de 15 élèves. Pour l’organisation matérielle de la classe, reportez-vous à la page 212 alinéa 4…. On verra après.

Enseignante : L’enseignant doit nécessairement porter un masque pour faire classe. Il est interdit de toucher ses affaires, de corriger ses affaires, de s’approcher trop près… Si un élève a besoin d’aide, reportez-vous à la page 212, alinéa 4.

Enseignant : Bon…ensuite… L’enfant ne doit en aucun cas prêter son matériel. Il conviendra de nettoyer chaque crayon au gel hydroalcoolique après usage. Au cas où un élève aurait oublié ses affaires, reportez-vous à la page 212, alinéa 4. Mais c’est quoi, cet alinéa 4. Mais c’est quoi, cette page 212 alinéa 4. On va voir ?

Enseignante : Alors, page 212, alinéa 4 : …Démerdez-vous !

Enseignant : Ah ben ça c’est cool, c’est comme avant le confinement au final (Ils sortent.)

 

Scène 3

Voix off : Eh oui, comme d’habitude, on a déplacé nos chaises, retiré tous les affichages, barricadé les armoires avec du gros scotch, fléché le sol et les couloirs, … bref transformé nos classes en refuge post attaque nucléaire. Puis on s’est remis en contact avec les parents.

(Un enseignant au milieu, les parents tout autour.)

Parent 1 : Vous ouvrez l’école que lundi ? Ben , dis donc, vous vous embêtez pas. Tranquilles, les profs.

Parent 2 : Non, mais vous êtes malades de rouvrir l’école, avec tous les risques…

Parent 3 : C’est quand même très inquiétant, toute cette histoire. On n’est pas rassurés. Je vous mettrai les enfants lundi. Pour la cantine, c’est bon aussi ?

Parent 4 : Vous pourriez pas plutôt venir faire classe à notre fille chez nous, parce qu’on a peur de la mettre en contact avec les autres ?

Inspecteur : Bonjour, c’est l’inspecteur. Je vous rappelle qu’il faudra m’envoyer chaque jour le nombre d’élèves présents, leur âge, la moyenne de leur température, et faire un bilan sur leur sommeil et leur digestion. Je compte sur votre compréhension, je vous remercie.

Parent 5 : Oui, ben, je sais que j’ai pas répondu à tous vos messages pour savoir si je remettais mes gamins ou pas. Mais j’ai pas que ça à foutre, je travaille, moi !!!

Parent 6 : Vous travaillez pas l’après-midi ?

Parent 7 : Je sais que c’est pas le moment, mais bon, on est début mai, et je pense qu’après 2 mois de vacances, vous avez eu le temps de remplir le dossier d’inscription au collège pour ma fille. Comment ça, ma fille est en CE1 ? Je vois pas le rapport.

Parent 8 : Je vous ramène tout le travail de Sidjy à corriger ?

Parent 9 : Vous avez envoyé du travail pendant le confinement ? Non, j’ai pas ouvert ma boite mail, pourquoi ?

 

Scène 4

Voix off: On a mis nos masques. Des masques chirurgicaux, évidemment !!

Enseignant (rejoint son collègue sur la scène, un masque de soirée sur le visage) : Salut, ça va ?

Autre enseignant : Qu’est-ce que tu fous avec ça ?

Enseignant : C’est pas les bons masques ? Oups !!

 

Scène 5

Voix off : Pour le gel, pas de problème, on connait. Ça fait 35 ans qu’on a droit au gel du point d’indice. Et donc, le 11 mai, on était prêts pour accueillir nos élèves.

Enseignant: Allez, on va commencer la dictée…. 

Kevin, va écrire la date au tableau.

T’as mis tes gants ? Prends une nouvelle craie surtout.

Marvin, éternue DANS TON COUDE !!!

C’est la 3ème fois qu’on change de masque depuis ce matin !

Va te laver les mains, AVEC DU SAVON cette fois-ci ! Oui, je sais qu’il n’y avait plus de savon la dernière fois…

Vous avez écrit la date, c’est bon ? ?

Qu’est-ce qu’il y a Cyrielle ? ? Je ne comprends rien avec ton masque, ARTICULE !?

T’as pas de stylo ? Prends un crayon. T’as pas de crayon ? Bah prends un feutre, n’importe quoi, je sais pas moi…

 Non Julie, tu ne peux pas lui prêter un stylo, vous savez bien ! ? On a relu les règles Covid ce matin en arrivant.

Bon, Kevin, ton masque !

T’as lavé tes mains Marvin, ça y est? Comment ça, y a la queue aux toilettes? C’est sûr qu’avec un lavabo pour 60 élèves, forcément y a du monde.

Bon d’accord, prends une noisette de gel hydroalcoolique mais tu ne le LÈCHES pas cette fois !

Où j’en étais déjà ? Ah oui, la date ! C’est bon pour tout le monde ? ?

Lucas, c’est la dernière fois que je le dis ! Le masque, ce n’est pas un LANCE-PIERRES pour GOMME ! La prochaine fois, je te le confisque…Ah ben non !?

Comment ça c’est l’heure de la récré ? Mais non, 10h10, c’est la récré des CP. Nous c’est 10h25.

Vous écrivez “dictée” et vous soulignez avec la règle. Pensez à la désinfecter avant !

Oui Mohamed ? La mine de ton crayon est cassée ? Va le tailler. T’as pas de taille-crayon ? Non, je ne peux pas t’en prêter un, c’est dans les règles Covid !

On commence la dictée. Vous êtes prêts ?

Marvin, DANS TON COUDE ! Mais noooon ! Ne te gratte pas le nez juste après !

Bon, GEL !?

Kevin, MASQUE ! ?

Rayan, le masque, ce n’est pas un BANDEAU DE PIRATE ! ?Je vais le confisq…. !

Bon j’abandonne la dictée ! On passe à l ‘anglais : the dog is the best friend of the man. Non, Ryan, pas ve/the . The ; (Retire son masque) THE. Mais non, je t’ai pas postillonné dessus….

Julie, MASQUE !?Marvin, COUDE ! Sarah, GEL ! Yasmine COUDE ! Sabrina, GEL !

Argh, la récré !  Rappelez-vous, la règle des 1 : en rang 1 par 1 et à 1 mètre de distance…

 

Scène 6

Voix off : Faire l’école avec un masque, c’est sympa 5 minutes, mais c’est un peu comme être garagiste avec des moufles quand même. Alors, retirer ces quelques cm2 de tissu le soir, je peux vous dire que ça avait quelque chose de particulièrement jubilatoire.

(Musique You can leave Your Hat on de Joe Cocker. Strip-tease de masques)

 

Scène 7

Voix off : On rigole, on rigole, mais y a pas eu que des moments sympas. Parce que si, avec les enfants et les parents, ça se passait plutôt bien, nous étions obligés d’affronter un autre virus, peut-être bien plus dangereux que le premier : les calomnies des hommes politiques et des journalistes, bien planqués » sur leur plateau télé. Et là, tout à coup, j’ai beaucoup moins envie de rire.

Une personne arrive avec un tas de cailloux qu’il déverse sur la scène. Un enseignant arrive. A chaque critique ( cf. vidéo à fabriquer avec tout ce qu’on a pu entendre), il met une pierre dans son sac de classe, jusqu’à ce que le sac devienne trop lourd pour être porté.

 

Scène 8

2 types font les piliers de bar. Un enseignant arrive, déguisé en chevalier (ou un truc du style). Il s’adresse aux 2 types.

Enseignant : Messires, priez pour mon salut. Je m’en vas affronter des hordes d’élèves vérolés. Mais comme l’a si bien rappelé Jean-Paul Brighelli :

« Monseigneur Belsunce, en 1720, s’est-il demandé s’il était immunisé contre la peste qui sévissait à Marseille avant de s’occuper à soulager les mourants ? « À Dieu ne plaise que j’abandonne une population dont je suis obligé d’être le père, dit-il. Je lui dois mes soins et ma vie, puisque je suis son pasteur. » Il avait la foi, certes — mais le chevalier Roze, qui en fit autant à la même époque au nom du Roi, faisait juste son devoir. Ils étaient simplement courageux. » Fi donc de la peste covidienne, je m’en vais abreuver les âmes de connaissances pour le bien de la France. Dieu ait pitié de mon âme.

(Quitte la scène)

1er type : complètement cinglé. Je te leur foutrais mon pied au cul à tous ces feignants.

2e type : Eh bé, qué misère…..

1er type : Mi, j’te l’dis, y a Pascal Praud qui a  dit à la belle-soeur de mon garagiste, qui l’a répété à ma concierge : la plupart ils ont pas voulu rentrer, ces salopiauds. Vont encore profiter du covid pour se faire 6 mois de vacances aux frais du contribuable.

2e type : Eh bé, qué misère….

1er type : Pourtant, sincèrement, Jean-Michel Blanquer, il leur a promis toutes les protections. Il a dit qu’ c’était moins dangereux d’être en classe que d’être chez soi. Sincèrement, qui c’est qui lui ferait pas confiance, à c’t homme-là. Quand il dit quelque chose, il est sûr de lui, c’est ça qui est bien.

2e type : Eh bé, qué misère…

1er type : Déjà qu’ils étaient 4 à 5 % à avoir resquillé pendant l’ confinement, qu’i z’ont dit sur France 2. Bientôt autant que le taux de présence à l’Assemblée Nationale. Tu t’ rends compte ? Comme dirait un ministre : « Si les caissières avaient fait comme les profs, on n’aurait rien eu à bouffer. »

2e type : Eh bé, qué misère… Enfin, chez nous, c’était plutôt le contraire, c’tait l’indigestion tellement on en avait . C’tait pas pareil chez toi ?

1er type : J’en sais rien , j’ai pas regardé, j’ai pas qu’ça qu’à foutre. Chacun son boulot.

2e type : C’est vrai, ça. Au fait, tu fais quoi, toi, comme boulot maintenant ?

1er type : Rien, tu rigoles. J’ m’abaisserai jamais à ça, c’est un principe. Je suis un révolutionnaire, un vrai, jamais j’aiderai le capitalisme, moi, mossieu.

2e type : T’as bien raison. Eh bé, qué misère….

 

 

ACTE III : sortie définitive du confinement

 

Scène 1

Voix off : Feignants ou pas, il allait bien falloir s’y remettre, puisque, le 14 juin, notre président avait annoncé le retour de tous les élèves pour le 22 juin (Extrait du discours de Macron le 14 juin) Finies les vacances. Une rentrée d’ailleurs essentielle de deux longues semaines selon Jean-Michel, où les élèves allaient pouvoir rattraper tout le retard accumulé, retrouver leurs copains qu’ils ne voyaient que dans la rue, et préparer la fête d’école (Une petite Lambada à 2 m d’écart, ça peut être sympa.) De toute façon, notre ministre nous l’avait bien précisé : il était bien moins dangereux de se rendre à l’école que de rester chez soi ( musique de l’Opportuniste de Dutronc).

1er enseignant : (en train d’organiser les tables en les mettant dans tous les sens, à la verticale…) : comme ça ? … Non… Comme ça ?

2e enseignant : Ben, qu’est-ce que tu fais ?

1er enseignant : Ben, j’essaie d’organiser mes tables pour pouvoir faire rentrer tous mes gamins. C’est vraiment pas évident.

2e enseignant : Mais qu’est-ce que tu te prends la tête ? De toute façon, le protocole qu’on a reçu ce matin, (montre un post it) c’est un projet. C’est beaucoup trop tôt, on n’est que vendredi soir. Le protocole définitif provisoire, c’est pas prévu avant lundi 8h -8h30.

1er enseignant : Si on est large.

2e enseignant : De toute façon , maintenant, faut que ça rentre, donc c’est seulement 1 mètre latéral. Le virus, on a découvert qu’il se déplaçait en crabe. Du coup, il suffit de les mettre chacun à un bout de la table et de leur demander de se pencher sur le côté (Les enseignants se penchent chacun d’un côté.) Comme ça, plus aucun danger. Et puis c’est pratique.

1er enseignant : Ouais. A défaut de te choper le virus, tu te retrouves avec un bon lumbago, quoi.

2e enseignant : On peut pas tout avoir. Mais tu sais, en même temps, tu te poses vraiment beaucoup de questions. Jean-Michel, il a dit : « Il faut que ça rentre, quitte à forcer un peu. » Alors, il a inventé le mètre relatif.

1er enseignant : Qu’est-ce que c’est qu’ça, encore ?

2e enseignant : (sort un mètre-ruban et mesure ) : Tu vois, ça , ça fait un mètre. Mais si tu plies…, ben, ça fait un mètre aussi. Et comme ça, ça rentre nickel.

1er enseignant : C’est vraiment pas con comme idée. Je ferais bien pareil avec les femmes, moi (sourire en coin). Après, on s’embête, mais ce qui pose problème, c’est tout le matériel qu’on nous a rajouté ces dernières années. Faut enlever tout ca. Le recteur de l’académie de Créteil, lui, il a eu la solution. Regarde (Sort le journal) « Aujourd’hui, le corps enseignant doit trouver des solutions pour accueillir les élèves et je leur fais totalement confiance, y compris si la solution réside dans le fait d’enlever les tables. » Pas mal comme idée, non ? Et il continue : « La classe ne s ‘est pas toujours passée avec des élèves assis à des tables. Avant 1880, les élèves n’avaient pas de tables dans les classes . » Ca , c’est une idée qu’elle est bonne : le retour aux bases. (Il sort deux silex de sa poche, puis commence à retirer son pull.

2e enseignant : Qu’est-ce que tu fais encore ?

1er enseignant : au cas où il faudrait revenir encore plus en arrière, je vais me mettre dans la peau d’un prof d’il y a 200 000 ans. Je vais me mettre à poil et je vais leur apprendre à faire du feu avec des silex.

2e enseignant : T’es con ! En même temps, ça pourrait plaire à nos collègues féminines.

1er enseignant : Ou pas… (Ils sortent en se marrant.)

 

Scène 2

Voix off : Ah, le respect du protocole ! A l’heure où le ministère lui-même annonce qu’il faut absolument respecter les règles sanitaires, mais pas trop quand même, le monde enseignant se trouve séparé en deux clans irréconciliables : ceux qui en ont ras le bol de tout ça, et qui ont juste envie de reprendre la vie comme avant et ceux qui vont tout faire pour conserver les distances de sécurité.

(Un enseignant place deux tables l’une sur l’autre, puis un escabeau. Va chercher deux élèves)

Enseignant : Claire, tu t’assieds en bas, Paul en haut. (Paul grimpe sur l’escabeau. L’enseignant sort son mètre et vérifie les distances entre les deux têtes)1 m 50, nickel. Paul, tu respires vers le haut, s’il te plait, merci On va pouvoir commencer : Histoire : Jules César a donc vaincu Vercingétorix en 52 avant JC…

Marie : Tu pues des pieds…

Voix off : Pour certains, la peur du virus, notamment avec une classe entière, vire à la psychose…

Claire : Monsieur, j’ai fini mes soustractions.

(L’enseignant arrive avec l’habit du GIGN et un énorme crayon. Se protège derrière son bouclier)

Enseignant : Tu as oublié ta retenue ici. (Repart en position de protection)

Voix off : …voire au délire…

Marie : Monsieur, j’ai fini ma dictée.

(Une longue canne à pêche se déplie jusqu’au cahier)

Enseignant : T’as oublié un s là.

Voix off : Certains arrivaient encore à être stressés en récréation.

(Deux élèves se lancent un ballon. Le premier le laisse rebondir sur le sol sans le ramasser. L’enseignant passe avec son vaporisateur pour désinfecter le ballon avant que l’autre enfant ne le ramasse. Après cinq secondes, le ballon part sur le côté et un autre élève cherche à le ramasser.)

L’enseignant (hystérique) : Tu touches pas à ce foutu ballon tant qu’il a pas été désinfecté, c’est clair !!!!

Voix off : Ceci dit, pour la plupart d’entre nous, on avait bien compris ce que nous avaient précisé tous les scientifiques : le virus ne pouvait agresser les élèves que dans la classe, une fois passée la porte de la cour, il était inactif.

(Les 2 mêmes enseignants, dans la cour de récréation, en train de jouer, chahuter de se pousser…)

1er enseignant : Ça fait du bien de les voir s’amuser un peu, retrouver leur insouciance, profiter les uns des autres.

2e enseignant : C’est clair. Le brouhaha de la cour me manquait vraiment. Pour un peu, on pourrait croire que tout ça est derrière nous, et que la vie va pouvoir reprendre son cours comme avant. Bon, je vais siffler.

Un des 2 enseignants (après avoir sifflé, totalement hystérique) : J‘ai déjà dit qu’on se mettait pas par 2, mais les uns derrière les autres !!

On garde les distances de 1 m50, on touche pas les murs pleins de virus, on se tait pour ne pas contaminer l’air et on va se laver les mains 3 minutes chacun, c’est bien compris ???

 

Scène 3

Voix off : Effectivement, c’était une période légèrement stressante pour tout le monde. Heureusement, le ministère a trouvé une solution pour nous remercier et remotiver ses troupes : une augmentation de salaire…. Mais nan, j’déconne. Quelque chose de beaucoup mieux que ça….

(2 enseignants entrent)

1er enseignant : Salut, Paul. Regarde ce que j’ai eu.

2e enseignant : C’est quoi, ce truc ?

1er enseignant : C’est un open badge, monsieur.

2e enseignant : Vas-y, explique.

1er enseignant : Si on a bien travaillé pendant le confinement, on peut demander un joli badge tout coloré comme ça. Il y a celui de bâtisseur, de passeur, (je sais pas bien ce que c’est) d’explorateur (comme Dora). On a aussi celui de répondeur téléphonique, d’imprimeur de documents, d’informaticien, de garde d’enfants, de meilleur cueilleur de fraises…

2e enseignant : C’est le même système que les bons points pour les enfants en gros.

1er enseignant : Ah non, pas tout à fait. Les enfants, on leur donne s’ils ont bien travaillé. Là, il faut les demander. Et puis, c’est un badge virtuel, il faut cliquer dessus et le télécharger, et après tu l’imprimes chez toi.

2e enseignant : A se retrouver badgés, on n’a pas du tout l’impression d’être pris pour des pigeons. Et à partir de 10 badges , t’as droit à quoi ?

1er enseignant : Un bras d’honneur, je suppose.

2e enseignant : Et pour les élèves studieux, il y a quelque chose de prévu ?

1er enseignant : T’as pas entendu parler ? Après la nation apprenante, ils vont avoir droit aux vacances apprenantes. Tout un programme !! Ça va leur changer, à certains, qui se sont fait un confinement glandouillant. J’ai un peu l ‘impression d’une Education Nationale foutagedegueulisante.

2e enseignant : Tu vas y participer ?

1er enseignant : Certainement pas. Je vais leur foutre la paix. Déjà que tout ça a donné des idées à Jean-Michel. Il a dit : « Je suis de plus en plus favorable à une vision où l’emploi du temps de l’enfant serait vu pas seulement sur les heures de cours, mais un petit peu sur ce qui se passe dans sa vie le mercredi et le week-end, sans arriver à un big brother éducatif. » Ben tiens. On va bientôt les suivre sous la douche et dans le lit, nos mômes. Je suis pas sûr que ce serait très bien vu. Alors, tu m’excuseras, mais moi, je vais prendre des vacances vacançantes. (Ils sortent)

 

Scène 4

Voix off : Et c’est comme ça qu’on a terminé cette année scolaire, pour le moins … originale. On ne sait pas de quoi demain sera fait, si on pourra tous se serrer dans les bras à la rentrée ou si on mettra des masques à partir de la crèche, mais pour l’instant, je vais me reposer un peu, Et même si, comme tous les métiers, on n’a pas rigolé tous les jours, je remercie tous les parents et surtout les enfants d’avoir vécu ces moments avec nous.

Enseignante : Coucou, Karina, qu’est-ce que tu m’apportes ? De la confiture de fraises, comme c’est gentil !! Les enfants, je voulais vous souhaiter de bonnes vacances et… (Tous les enfants s’approchent)

Enfants : Madame !! (Se collent à la maîtresse)

Enseignante : Non, les enfants, c’est pas possible, le virus (Elle abandonne finalement et les enserre). Allez, venez là, les cocos !

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.