Mon école primaire

Nous sommes en mai 1957, j’ai 7 ans. Mon père est officier dans l’armée française, et nous déménageons souvent. Nous arrivons de Douai, et nous nous installons dans une HLM à Loos-lez-Lille, petite ville de la banlieue lilloise.

Il faut vite m’inscrire à l’école, qui se trouve à un petit kilomètre de l’appartement. A cette époque, les papas travaillent (il y a 50 000 chômeurs en France), et prennent la voiture. Les mamans, en grande majorité, s’occupent de la maison et des enfants, et bien souvent n’ont pas le permis de conduire.

C’est samedi, l’école est ouverte toute la journée, et Monsieur Desmet, le directeur est déchargé de cours dans cette école, qui compte 14 classes. Nous arrivons sur la grand-place : à gauche, l’école des filles, à droite, l’école maternelle, en face, l’école des garçons. L’entrée se fait par une petite porte sur le côté gauche d’un grand portail. Au-dessus, est écrit en lettres capitales « ECOLE MICHELET ». Face à nous se trouve la maison du directeur, avec son petit jardin, et son arbre à parachutes. C’est comme ça que les élèves l’appellent pour une bonne raison : après la mode des billes, on est passé à celle des parachutes, qu’on lance le plus fort et le plus haut possible, pour les voir s’ouvrir et retomber lentement dans la cour… ou dans l’arbre de Monsieur Desmet. Nous entrons , le bureau du directeur est tout près. Maman présente mon livret scolaire et discute un peu avec ce monsieur qui m’impressionne. Fin de l’entretien, je vais découvrir ma classe : c’est la deuxième après le bureau, l‘institutrice est Madame Girard. Dès que nous franchissons le pas de la porte,  les 40 élèves se lèvent et restent au garde-à-vous dans un silence de cathédrale. Monsieur Desmet les autorise à s’asseoir et ma nouvelle maîtresse me présente à la classe. Je suis très timide, et j’appréhendais ce moment. On me trouve une place au fond de la classe. Je m’installe sur le bureau à 2 places, aux sièges solidaires du plateau, et à l’encrier en porcelaine posé dans un trou qui a été fait pour ça. Le bureau de la maîtresse est juché sur une grande estrade qui couvre le sol sur toute la largeur au pied du tableau noir.

Ma maman me laisse, et Madame Girard me donne un cahier du jour, un cahier de brouillon, une règle en bois, deux porte-plumes, un pour écrire en script, l’autre pour la cursive, et elle remplit mon encrier. Puis elle reprend la classe en main. 10 heures, c’est la récréation. La cour est séparée en deux : d’un côté, les petits, jusqu’au cm2, et de l’autre , les « fin d’études ». Au milieu de la partie qui nous est réservée trônent trois platanes, au fond à gauche, les toilettes, et un préau borde toutes les salles du vieux bâtiment. En face, les classes se trouvent dans une construction plus récente, qui me paraît ultra-moderne !

Les nouveaux copains me posent un tas de questions : Pourquoi tu arrives maintenant ? Tu habites où ? Tu as des frères ? (j’en ai un, il est en maternelle). Tu joues aux billes ? Tu as un parachute ?

Coup de sifflet d’un des maîtres qui parcouraient la cour de long en large en discutant. Sauvé par le gong, c’est la fin de la récré !

Retour en classe jusqu’à 11 heures 30. Ma maman vient me chercher. Nous passons prendre mon petit frère à la maternelle.

L’après-midi, il faudra y retourner, car il y a classe le samedi toute la journée.

Je resterai dans cette école jusqu’au CM2.

Marc Ardhuin

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